Un roman français (Frédéric Beigbeder)

Il y a peu, je vous parlais du grand bazar que représente la rentrée littéraire avec ses quelques 700 romans. Perdue au milieu de cet ouragan de publications, j’avais jeté mon dévolu sur le roman de Frédéric Beigbeder « Un roman français », intriguée par son enfance à Pau et ses références à des lieux connus.

Tout absorbée que j’étais par les livres d’Elisabeth Georges, j’en entamais chaque fois un nouveau au lieu de lire le fameux roman. 10 jours passèrent quand, dans le quotidien local, je lis l’interview de Frédéric Beigbeder à l’occasion de sa venue en Béarn pour dédicacer son livre. Mazette, un lundi, un lundi fin de mois, autant dire que j’oubliais de suite l’idée de le rencontrer !!!

Ce même lundi soir, j’avais un message de mon amie Isabelle me demandant de la rappeler. Intriguée et limite inquiète, je réponds à son appel, lui laissant à mon tour un message (et là, je hais les boîtes vocales !!!). Nous finissons par nous parler et toute guillerette elle me demande si j’ai lu « Un Roman Français ». Je suis toute surprise, Isabelle est une fidèle lectrice de mon blog … comment ça ???? Elle ne sait pas que c’est LE roman de la rentrée que j’ai acheté le jour même de sa sortie ???

Et la voilà déçue que je l’aie déjà puisqu’elle me l’avait ramené fraîchement dédicacé mais j’espère tout aussi réconfortée par ma réaction, car oui, j’étais comme une balle, toute heureuse qu’elle ait pensé à moi. Mieux, j’étais surexcitée et M-Chéri anéanti par ma bonne humeur, incapable de comprendre qu’on puisse se réjouir de la sorte … d’un livre !!!

Du coup, je suis repartie au Leclerc Culturel afin de demander la reprise du livre que je n’avais même pas sorti de sa poche. Comme j’étais fort pressée, je demande des conseils. La libraire (quel nom attribuer aux personnes, compétentes, qui s’occupent du rayon livre ???)  s’enquiert de mes goûts et je lui explique que je ne veux pas d’histoire trop sombre, que j’aime la « matière » en terme de littérature, que j’adore Catherine Cusset, que j’ai dévoré l’élégance du Hérisson … Et là, elle me regarde, et m’assène « Et vous aimez Beigbeder ? » …

Pas faux cette réplique, 99 francs m’avait particulièrement agacé mais surtout, c’est le côté bourgeois-people de FB qui m’agace et je ne vous parle même pas de ses frasques d’adolescent attardé.

Après lecture, ce n’est pas si mal écrit (même si j’ai eu peur au début du livre) mais surtout j’ai apprécié la franchise avec laquelle l’auteur de se dévoile, sa façon d’oser évoquer un passé difficile, ses complexes d’enfants, le divorce de ses parents, ses propres séparations … et la mise en évidence d’une fragilité latente.

Le roman est bien construit, alternant les souvenirs d’enfance et la description de la garde à vue. Les passages évoquant cette dernière, les abus de positions des fonctionnaires de l’état (du flic au juge), les conditions de détention … sont à mon sens les meilleurs.

Alors c’est LE gros battage médiatique en cette rentrée 2009 , c’est agréable à lire et, même si au fil des pages le personnage m’est apparu plus sympathique, finalement, ses souvenirs d’enfance, aussi douloureux soient ils me laissent de marbre.

Ce n’est pas un roman inoubliable et j’en retiens surtout l’immense plaisir provoquée par la surprise d’Isabelle. (Je t’embrasse bien fort et merci encore)

 

1 Comment

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Oona & Salinger (Frédéric Beigbeder) lu par Edouard Baer | Instantanés Futilesreply
mars 20, 2015 at 08:03

[…] de septembre mais je ne suis pas très fan de l’auteur, même si j’avais bien aimé « Un roman Français » qui parlait de lieux qui me sont très familiers. D’un autre côté, le sujet me plaisait […]

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