Critiques littéraires

Des hommes (Laurent Mauvinier)

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Ne pas regarder la télé incite à la lecture, je confirme !! J’alterne donc d’un bon rythme (enfin, tout est relatif), livre léger et plus sérieux. Celui là était dans ma PAL depuis la rentrée littéraire 2009, je l’avais oublié, quelle erreur !

 4ème de couverture : Ils ont été appelés en Algérie au moment des « événements » en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d’autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies.
Mais parfois il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire en hiver, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

La construction est habile. Mauvignier raconte d’abord la vie des années après, puis la fausse note lors d’une journée d’anniversaire et enfin, petit à petit, il donne forme aux souvenirs qui gangrènent les nuits et les jours du présent, mettant le lecteur dans la confidence, par petites touches.

L’écriture est nerveuse. Un peu dérangeantes au début, ces phrases courtes, sèches, qui n’en sont souvent pas, impriment un rythme haletant nous tenant en haleine jusqu’à la fin du premier (long) chapitre puis jusqu’à la fin du livre que je n’ai plus pu lâcher. La tension monte de page en page, jusqu’à l’étourdissement de fin de ce premier chapitre.

Cette période peu glorieuse de notre histoire, pourtant si récente m’était assez inconnue et pose finalement la question « comment peut-on sortir d’indemne d’une guerre où l’on a vu tant de monstruosités ? ». D’ailleurs dans ce livre, beaucoup de questions, souvent sans réponse, comme s’il appartenait au lecteur de livrer le fruit de sa réflexion.

Alors voilà, la quatrième de couverture ne m’avait pas du tout accroché, j’ai suivi les conseils de ma libraire et bien m’en a pris.

C’est un livre puissant, tragique … un coup de poing !

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