Critiques littéraires

La promenade des russes

Preuve que c’est le néant au niveau des programmes télé en ce moment, j’ai trouvé le temps de terminer un nouveau livre … 

« Je marchais dans les rue de Nice, ma Babouchka s’était accrochée à mon bras. Elle venait de poster sa vingtième lettre au directeur d’Historia. Il faisait chaud, je me demandais si Suzanne viendrait à la plage, si ma mère réapparaîtrait un jour, si Anastasia Romanov était toujours vivante et rôdait dans les parages … J’avais 13 ans. Peu de certitudes. Et beaucoup d’imagination … »

La narratrice, c’est Sonia, est une adolescente de quatorze ans qui vit à Nice avec sa grand-mère d’origine Russe qui avec ses amies russes ressassent son passé dans le Russie des Tsars, au temps de la dynastie des Romanov. Persuadée de détenir la vérité sur la disparition d’Anastasia, elle écrit lettre sur lettre, toutes sans réponse, au directeur d’Historia. Sonia voudrait bien être une jeune fille comme les autres mais elle est tourmentée par l’histoire de sa propre famille et par celle des Romanov. Elle rêve parfois qu’elle est elle-même Anastasia et qu’elle fuit.

Tout ce qui touche à la Russie me passionne et donc rien que le mot Russe dans un titre et je suis attirée comme les guêpes par la confiture (ah, la confiture, ce sera pour mon prochain billet). Cette fois, je n’ai pas été déçue et j’ai même été emballée par cette écriture à la fois naïve (Sonia n’a que 13 ans), parfois amusante et très souvent touchante. Dès les premières phrases (voir ci-dessous) je me suis attachée à ces deux personnages. Le roman se tisse au fil de souvenirs d’enfance, de moments nostalgiques et de non-dits. Beaucoup de charme et de grâce dans ces pages … je vous le recommande.

Voici les premières phrases :

 « Ce matin-là elle m’a demandé de mettre mon doigt sur la ficelle très fort, pendant qu’elle faisait le nœud pour tenir bien serrées les pattes du poulet. J’ai appuyé de toutes mes forces, et on aurait dit que mon doigt était cassé au bout. C’est très dur de le retirer juste quand elle a fini le nœud, il ne faut pas que le doigt reste prisonnier de la ficelle, et il ne faut pas non plus le retirer trop vite et que les pattes mortes du poulet mort se relâchent d’un seul coup. Ma grand-mère met une concentration extrême dans le ficelage du poulet, et moi je n’ai pas le droit à l’erreur : il faut y arriver du premier coup, je ne sais pas pourquoi.  » C’est impossible d’être deux dans une cuisine !  » elle me lance quand elle sent que j’hésite un peu, et ça me vexe drôlement, je fais de mon mieux, je peux le jurer. »

et on éprouve une profonde tendresse et affection pour cette histoire et pour les personnages.

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