Critiques littéraires

100 expressions à sauver

 
« Courir le guilledou – Faire la sainte Nitouche – En baver des ronds de chapeau – Se monter le bourrichon – En avoir sa claque – Changer de crèmerie – Laisser pisser le mérinos… Nées pour la plupart de la verve populaire, les expressions ont de la couleur, de la saveur, de la tchatche, de l’humour, de la drôlerie, de la cruauté, de la sagesse, de la poésie. Pourtant, certaines vieillissent, passent de mode, paraissent de plus en plus énigmatiques. Pourquoi ne pas en sauver quelques-unes de l’oubli qui les menace comme j’avais réussi à redonner du tonus à certains mots* ?

Vous aussi, tirez de votre conversation ou de votre mémoire des expressions en voie de disparition. Rappelez-vous, amusez-vous, inventoriez, fichez, employez, osez, étonnez, ayez de l’expressivité… En route, mauvaise troupe ! Fouette, cocher ! Et que ça saute ! »

Voilà la quatrième de couverture du truculent essai de Bernard Pivot. J’y ai découvert des expressions que je connaissais sans en savoir leur origine, d’autres que j’ignorais et j’ai  dégusté ce petit livre un sourire permanent aux lèvres … c’est savoureux et enlevé …

Que du bonheur!

 

Je vous livre quelques perles (mais je crois qu’il y en a 100 !!!)

« Avoir le béguin

C’est avoir du sentiment pour quelqu’un, et même se prendre de passion. Car avoir le béguin c’est s’amouracher fortement. Dans la prison de Clairvaux, Jean Genet employait l’expression d’homme à homme.

Le béguin est un bonnet porté par des religieuses belges et hollandaises. De là le verbe s’embéguiner qui signifie, selon Claude Duneton, se coiffer de quelqu’un. Se remplir la tête d’une personne, se prendre la tête pour elle, en être amoureux. »

Et Bernard Pivot de conclure par « Peu de chance d’entendre aujourd’hui un garçon des cités dire qu’il a le béguin pour une meuf. D’ailleurs l’expression est qualifiée par les Petits Larousse et Robert de vieillie ».

« Peigner la girafe

Peigner la girafe est une activité qui consiste à ne rien faire. Expression moqueuse destinée aux rêveurs, paresseux ou tire-au-cul.

Selon Jaques Cellard, à son origine – mais quand ? où ? personne n’a fait mieux que Claude Duneton qui en a trouvé la première trace dans le Nouveau Larousse illustré de 1898 -, l’expression était : faire ça ou peigner la girafe ! On est là dans le désabusement : faire ça ou ne rien faire, peu importe, cela revient au même, c’est inutile »

Pour ceux qui cherchent des idées de petits cadeaux sympas … c’est aux éditions Albin Michel.

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