Critiques littéraires Culture

La forteresse impossible (Jason Rekulak)

Wetbridge, New Jersey, 1987, Billy et ses amis Alf et Clark ont la vie cool et des préoccupations d’ado. Billy est geek et développe des jeux sur son ordinateur (gagné à une tombola par sa mère car en 1987, le PC en est à ses balbutiements) en écoutant Springsteen. La sortie du magazine PlayBoy avec Vanna White (la sublime animatrice de La Roue de la fortune) à la une va changer leur vie. La bande de copains en quête d’expériences sexuelles va tout faire pour se procurer un exemplaire qu’aucun commerçant ne se risquerait à vendre à un jeune de 14 ans (nous sommes à l’époque puritaine des USA sous Reagan).  Dès lors, les trois compères travaillent à se procurer le magazine auprès de l’unique kiosquier de la ville, ils sont prêts à faire n’importe quoi, y-compris échafauder le plan le plus complexe et stupide du monde !

Vu comme ça le sujet peut ne pas faire rêver mais voilà un livre rafraichissant qui a pour décor une petite ville des Etats-Unis comme il en existe des centaines. Ici pas de clan ni de bagarre, une ville sans violence et avec des habitants normaux et attachants mais normalité ne rime pas avec ennui et ce livre est comme sa couverture, insolite et inattendu !

Pour moi qui ai étudié l’informatique dans ces mêmes années, c’était même jouissif de redécouvrir le code et l’avènement de l’informatique. Les références musicales, cinématographiques ou liées aux séries (Alf en tête) sont excellentes et le livre est à la fois nostalgique et bourré d’humour.

L’intrigue ne se résume pas à la création de jeux vidéo par des adolescents passionnés, l’auteur aborde avec beaucoup de finesse l’adolescence, ce moment où l’on quitte le monde de l’enfance pour prendre conscience des réalités et assumer des responsabilités, le frisson des premières fois et le tout sans fausse naïveté.

C’est bien écrit, dans un style vif et alerte, l’histoire est drôle et touchante, la fin inattendue, que demander de plus ?
Merci à mon amie Laurence sans qui je crois que jamais, je n’aurais eu l’idée de livre ce livre … mais elle me connait bien  😉  !

La forteresse impossible
Jason Rekulak
Editions Actes Sud – 368 pages

 

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10 Comments

  • Reply
    matchingpoints
    1 avril 2019 at 9 h 28 min

    Ce livre doit être passionnant pour les lecteurs de la même génération ! Mais finalement nous aussi, nous avons écouté Springsteen à cette époque…
    Bonne journée

    • Reply
      Laurence
      2 avril 2019 at 18 h 33 min

      Oh mais je suis sûre que ce livre peut plaire à tous, j’ai vraiment été scotchée par les lignes de codes notées en tête de chaque chapitre, j’avais l’impression de refaire mes TD !!!

  • Reply
    Sophie bazar
    1 avril 2019 at 9 h 32 min

    J’aime beaucoup les romans qui traitent de l’adolescence (c’est pour ça que mon auteure favorite est Laura Kasischke d’ailleurs), c’est vraiment un thème délicat à aborder avec soin… Bonne semaine !

    • Reply
      Laurence
      2 avril 2019 at 18 h 34 min

      Ici, c’est le côté bon-enfant et l’humour qui domine mais en arrièreplan, on retrouve les interrogations qui ont peuplées nos années ado !

  • Reply
    Yuko
    1 avril 2019 at 14 h 43 min

    Je suis très intriguée par ton article (et la couverture est incroyable !) et j’ai bien envie d’en savoir plus sur ce roman et ses nombreuses références surtout s’il contient une jolie dose d’humour. Merci pour ce conseil Laurence ! Bises

    • Reply
      Laurence
      2 avril 2019 at 18 h 31 min

      Il n’est toujours pas sorti en poche et c’est dommage … pateince ! Bises et bonne soirée.

  • Reply
    laurence Caillau-Larrieu
    2 avril 2019 at 11 h 15 min

    Oui, peut-être que je connais un peu tes goûts littéraires .
    Ce livre agréable fut un joli moment de mon été 2018 pourtant tristounet.
    Comme quoi livre= bonheur
    Bises
    Laurence

  • Reply
    Koalisa
    4 avril 2019 at 20 h 13 min

    Je ne savais pas que tu as étudié l’informatique ! Sinon le bouquin a l’air chouette…

    • Reply
      Laurence
      7 avril 2019 at 20 h 44 min

      Et oui, je suis informaticienne de formation puis j’ai tout envoyé balader pour ouvrir un restaurant et je suis revenue, un peu forcée mais non sans plaisir, à ma formation initiale. C’est un peu le retour à la case départ 😉 !!

  • Reply
    Eimelle
    15 avril 2019 at 15 h 15 min

    Il ne m aurait pas attirée non plus, mais pourquoi pas !

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