Critiques littéraires

Le ciel par-dessus le toit (Nathacha Appanah)

Le ciel par-dessus le toit dont le titre fait référence à un célèbre poème de Verlaine est un roman court qui parfois prend des allures de contes, une histoire de famille ou silence rime avec fureur.

Natacha Appanah, d’une langue poétique et lumineuse nous raconte l’histoire d’une famille à la dérive au sein de laquelle l’amour et la haine se conjuguent en même temps. La voix douce et paisible de Natacha Appanah que j’ai rencontré en octobre a résonné en moi tout du long de la lecture du roman mais ne vous y trompez pas, c’est une histoire terrible que celle de Phénix qui fut une enfant auparavant baptisée Eliette, devenue mère de Paloma et de Loup. 

Loup est un adolescent étrange, il vit entre deux mondes, celui du réel et de la fiction. Il pense souvent à sa soeur qui lui avait promis de venir le chercher quand elle a quitté la maison 10 ans plus tôt et c’est pour la rejoindre qu’il commet une infraction qui le mènera dans un centre d’enfermement pour jeunes.

On s’attache aux personnages créés par l’auteure, chacun se débattant comme il peut pour sortir des traumatismes hérités de l’enfance. Le lecteur plonge alternativement dans la mémoire des trois protagonistes au prénom aussi étrange (mais si bien choisis) que les liens qui les unissent. Tous ont en commun d’avoir eu une enfance fracassée et l’interrogation sur le poids de l’éducation des enfants est omniprésente.

Une histoire d’enfermements au pluriel : en prison, dans un corps, dans la solitude ou bien encore dans le mensonge pour ce roman qui bouscule.

Le ciel par dessus le toit
Nathacha Appanah
Editions Gallimard
128 pages

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10 Comments

  • Reply
    Koalisa
    7 décembre 2019 at 13 h 09 min

    Ca a l’air passionnant mais peut-être un peu dur par moments, non ? Bon week-end, Laurence !

    • Reply
      Laurence
      7 décembre 2019 at 13 h 18 min

      Ce n’est pas des plus léger effectivement mais c’est abordé avec délicatesse, ça aide ! Ceci dit, inutile de se voiler la face, ce n’est que le reflet de la vraie vie de certaines familles … Bises et bon WE !

  • Reply
    laurence Caillau-Larrieu
    7 décembre 2019 at 15 h 50 min

    Il semble passionnant…

    • Reply
      Laurence
      17 décembre 2019 at 20 h 27 min

      Oui, c’est un « petit » livre qui sera parfait pour te remettre de ta trilogie ! Je te le garde. Bises

  • Reply
    matchingpoints
    9 décembre 2019 at 9 h 18 min

    C’est toujours formidable de voir l’écrivain !
    A lire peut-être après Noël, pour garder l’idée d la famille heureuse ?

    • Reply
      Laurence
      17 décembre 2019 at 20 h 28 min

      … ou pour mesurer la chance que l’on a d’évoluer dans une famille équilibrée 😉 !

  • Reply
    sophie bazar
    10 décembre 2019 at 15 h 08 min

    Voilà qui m’intrigue, j’aime découvrir des écritures poétiques… très jolie photo 🙂

    • Reply
      Laurence
      17 décembre 2019 at 20 h 29 min

      Ah, j’ai vraiment été conquise, tant par la femme que par le livre !
      Son livre précédent « Tropique de la violence » a l’air formidable également.

  • Reply
    Une Porte Sur Deux Continents
    15 décembre 2019 at 22 h 35 min

    Très intéressant cette métaphore de l’enfermement sous différentes formes. Passe une belle soirée 🙂

    • Reply
      Laurence
      17 décembre 2019 at 20 h 30 min

      Un livre « petit », vite dévoré mais de ceux qui marquent … enfermé dans ma mémoire !

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