Le lundi c’est ciné #13 : Victoria

201609 Victoria

Victoria (Virgine Efira) est avocate. Elle élève seule ses deux filles dont le père est absent. Victoria est passablement débordée même son baby-sitter n’en peut plus et la largue. Dans le même laps de temps, elle doit défendre un ami (Melvil Poupaud) accusé de meurtre par une folle, recrute comme baby-sitter un ex-dealer (Vincent Lacoste) qu’elle a défendu il y a quelque temps et apprend que son ex-mari dévoile sa vie privée sur un blog à succès … sa vie vire au chaos !

Voilà en quelques mots les première minutes de ce film mené tambour battant. Ce n’est pas totalement dramatique et pas vraiment une comédie mais il y a une belle énergie dans ce film au final assez romantique, histoire(S) d’amour, de justice et d’amitié. Les acteurs sont justes, les personnages bien construits (même les plus farfelus) et Virgine Efira trouve là sans doute son premier grand rôle …

C’est réjouissant et en même temps, cela porte à réflexion, dans un monde où tout va à 100 km/heure, difficile de conscilier vie de femme, de mère et professionnelle  !

Chanson douce (Leila Slimani) – RL2016 #1

201609 Lecture

Chanson douce … ne vous fiez pas au titre de ce livre dont la première phrase est « Le bébé est mort ». Dès le premier chapitre, le décor est planté. Horrible, deux enfants sont morts, tués par Louise, leur nourrice.

Dans un livre Mi-polar, mi-roman, Léila Slimani s’emploie à relater les mois qui ont précédé le drame, à disséquer les faits et à analyser les relations entre les personnages pour nous aider à comprendre les circonstances qui ont mené à ce carnage.

Myriam, avocate a cessé de travailler pour s’occuper de ses enfants Mila et Adam. Elle a mis en veille sa vie de femme, sa vie professionnelle et même sa vie sociale au profit de ces deux enfants qui l’usent. Un jour, elle rencontre un de ses camarades d’études qui lui propose de retravailler avec lui. Avec Paul (son mari) ils embauchent donc Louise qui semble être la nounou parfaite.

L’écriture de Leïla Slimani est brillante. Simple et ciselée, parfaitement efficace. Au fil des pages, l’angoisse s’installe, la menace est oppressante et le malaise s’immisce dans le couple autant que chez le lecteur.

L’auteure évoque la difficulté de mener de front carrière professionnelle et vie de famille mais également avec beaucoup de pudeur la vie des nounous, leurs rencontres dans les parcs alors qu’elles gardent les enfants, le sort de ces femmes, souvent immigrées, sans doute par toujours déclarées, parfois même sans papier. Ces femmes qui rentrent dans l’ombre dès que les parents, sortis du travail reprennent possession de leurs foyers. Certains de ces passages m’ont rappelé le livre de Colombe Schneck sur les femmes de ménages (Soeurs de miséricorde).

J’ai moins aimé le rapport au temps, assez incertain dans le livre, les semaines, les mois ou les jours s’écoulent sans que l’on ait une chronologie bien définie. Et puis, je crois que j’aurais aimé en savoir davantage sur Louise, sur un éventuel procès qui dissèquerait à son tour les événements … mais c’est peut-être tout simplement par frustration d’être arrivée au bout trop vite et sans doute le parti pris de l’auteur de garder un certain recul et une neutralité rapport à ses personnages.

Voilà un livre percutant et très perturbant !

Trois chevaux (Erri de Luca)

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Trois chevaux, un petit livre ressorti de ma PAL dans une tentative désespérée de la faire baisser. Un livre que j’ai sans aucun doute acheté à cause de l’auteur … mais surtout du titre. Un livre dont je ne savais rien … qui ne parle absolument pas de chevaux, mais dont le titre est issu d’une phrase « Une vie d’homme dure autant que celle de trois chevaux et tu as déjà enterré le premier ». Une phrase belle et poétique, une des nombreuses que contient ce court récit.

Le narrateur, d’origine italienne rentre au pays après avoir passé des années en Argentine (sa première vie donc). Opposant à la dictature militaire argentine, sa femme a été assassinée et jetée à la mer. Dans sa seconde vie, il est jardinier, en Italie et rencontre la belle Laila qui fait commerce de son corps. Il se lie aussi d’amitié avec Selim, un éleveur africain.

Trois chevaux c’est une histoire de passion, d’amitié, de souvenirs que le narrateur conjugue au présent (ce qui demande au lecteur un peu d’adaptation et ce d’autant plus qu’il n’y a ni date, ni lieu) ou de rapport à la nature (sous la plume d’Erri de Luca les gestes les plus simples du quotidien prennent une tout autre dimension).

L’écriture est sobre, précise, souvent teintée de poésie. L’émotion, tout en retenue est sans cesse présente dans ce beau texte, plus évocateur que narratif. L’histoire de cet homme rescapé d’une dictature à qui il reste deux vies est assurément magnifique.

Manderley for ever (Tatiana de Rosnay)

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Je crois n’avoir jamais rien lu de Daphné du Maurier. Je crois même que je savais tout juste qu’elle avait écrit Rebecca et que cela avait été un best seller traduit dans de nombreux pays. Je ne savait pas qu’elle était l’auteur de nombreuses nouvelles dont certaines ont été rendues (encore plus) célèbres par Alfred Hitchcock … bref, concernant Daphné du Maurier, je ne savais rien ou presque !

Mais comme j’ai quand même pas mal entendu parler de la biographie de Melle du Maurier, écrite par Tatiana de Rosnay et que je suis à fond dans la série Dowtown Abbey (je sais, je suis en retard mais je viens de m’envoyer les 5 saisons d’un coup ou presque !), ce livre sur fond de Royaume Uni balayant le XXème siècle était pour moi !

Aucun doute, la personnalité et la vie de Daphné du Maurier sont de merveilleuses matières à un roman et c’est ainsi que se lit cette biographie. Née en 1907 dans une famille bourgeoise-bohême (son père était un acteur de théâtre connu, son grand père écrivain), la petite Daphné grandit auprès de ses sœurs. C’est la plus jolie, mais aussi la plus introvertie et sans aucun doute la plus torturée des trois soeurs. Au fil du siècle, nous découvrons sa vie de jeune pensionnaire en France, son amour pour ce pays, sa vie de femme puis de mère, sa passion pour l’écriture, pour les Cornouailles, les belles demeures, la mer ou bien encore les vieilles pierres … tout ce quotidien qui nourrira ses écrits.

J’ai beaucoup aimé la vie de cette femme passionnée et résolument libre et moderne, l’analyse de ses créations(le mot crréation trouve ici tout son sens) littéraires, les critiques de l’époque, les réactions de ses proches, mais surtout, Tatiana de Rosnay restitue à merveille les liens si particuliers qui lient Daphné aux différentes maisons qu’elle a habité (ou qui l’ont habitée !). J’ai dévoré ces quelques 500 pages et je me demande si c’est le regard d’un écrivain sur un autre écrivain qui rend se livre aussi passionnant, le roman d’une vie !

Je le termine en ayant envie de lire au moins quelques nouvelles de Daphné du Maurier, histoire de découvrir l’atmosphère envoutante si bien décrite par Tatiana de Rosnay.