écologie

La COP21 et mon vanity

J’ai régulièrement des relents d’écologie. Non pas que je ne le sois pas au quotidien (je trie, je marche, je suis locavore au maximum … bon, je consomme trop mais ça, c’est un autre débat) mais disons que régulièrement j’ai des prises de consciences un peu plus aigües.

Il y a quelques semaines, une liste de produits cosmétiques agressifs (voire dangereux) a été dévoilèe et tout récemment ce sont les produits d’entretien carrément nocifs qui ont été pointés du doigt. Du coup, j’ai décidé de faire un peu le point sur mon propre mode de fonctionnement version salle de bains !

1 : Je garde les échantillons glanés dans les magazines ou en parfumerie depuis des années. J’ai jeté tous les fonds de teint, j’ai utilisé les shampoings et lait pour le corps (quitte à m’intoxiquer c’est vrai mais je ne suis pas à un paradoxe près …). J’ai trié sérums, masques, soins yeux et crèmes et cela fait plusieurs mois que ma routine quotidienne est faite de petits sachets (ma peau n’est pas susceptible, ouf !!!) je dois pourvoir tenir encore quelques semaines à ce rythme … le côté positif est que je n’aurai rien acheté en terme de cosmétique depuis plus de 6 mois.

2 : J’ai terminé tous les tubes, flacons ou pots entamés, prenant conscience de ma frénésie de découvrir des nouveautés … ridicule ! Il est évident que tous ces contenants ont terminé dans un sac jaune !

3 : J’ai rédécouvert les vertus du savon. Ma fille en fait des parfaits aux huiles essentielles et finalement le plus dur est de trouver un joli porte-savon égouttoir car le savon qui vous échappe des mains sous la douche ou qui baigne au fond du bac c’est l’horreur !
D’ailleurs ma chérie, si tu passes ici … je n’en n’ai plus et si tu pouvais me les faire sans coeur car après j’ai de la peine de les utiliser 😉

4 : j’ai raméné chez Séphora tous les flacons de parfums vides qui trainaient – en décoration ? – dans la maison (ce qui en outre permet d’obtenir une réduction de 20% sur votre achat … mais je n’ai rien acheté, j’en ai encore plusieurs d’avance … no comment !!)

5 : j’ai remplacé les cotons et autres disques à démaquiller par les éponges Konjak (éponge composée de fibres végétales de Konnyaku). Cette petite éponge ronde nettoie en profondeur sans abimer la peau et elle est légèrement exfolliante. Moi qui utilisait au moins 10 disques par jour c’est un net progrès !  Je lave les éponges en machine régulièrement dans un sac à lingerie.

6 : Bon, là vous allez sans doute vous dire que je vire à l’intégrisme mais je vous assure que je suis une personne sensée, saine d’esprit et somme toutes assez modérée ; j’ai pour la première fois réalisé mon déodorant maison et je vous assure que c’est aussi efficace que simplissime. Exit donc tous mes déos à spray ou stick (sac jaune également ça va sans dire 😉 ) … et oui je transpire et non, avec ce déo maison je ne pue pas !!

7 : Avec mon boulot, j’ai régulièrement les mains dans l’eau ou la vapeur (je dois bien essuyer 100 verres chaque jour). J’ai testé x crèmes pour les mains et là, je viens de découvrir le graal : l’huile de chanvre en alternance avec l’huile d’amande douce. Finis les tubes plastiques (il n’en fallait au moins un par mois) je peux même recharger mes petits flacons pompes.

8 : De plus en plus, je fais attention aux emballages. Je n’achète plus de crèmes en pots en verre certes magnifiques mais il y a plus lourd de pot que de crème et l’illusion d’en avoir davantage ne fonctionne plus. J’évite les produits emballés et sur-emballés, je privilégie les plus gros contenants. Du coup, je m’interroge sur mon abonnement à Birchbox qui certes me fait découvrir des produits mais quand même c’est anti-développement durable à souhait entre les doses miniatures, les jolis coffrets, plus celui de la poste … mais bon, je l’ai déjà dit, je ne suis pas à un paradoxe près !!!

9 : bon, je pourrais ajouter en vrac que je ne prends pas de bain (et pour cause je n’a pas de baignoire mais quand même je n’aime pas ça !), que j’utilise des éco-recharges de coton-tiges (sans le baronnet plastique le coton-tige), que je ne me lave les cheveux que deux fois par semaine (c’est fou ce que les shampoings et autres masques encrassent la bonde de la douche alors imaginez dans les égouts et plus loin …)

Dès que j’ai le temps, je vous refais le même billet version prosuit d’entretien, je suis à fond 😉 !!
Et vous, l’écologie ou la gren-attitude, ça vous titille ?

J’ai testé la boule magique

On nous rabat régulièrement les oreilles avec les gestes du quotidien qui pourraient aider à sauver la planète. Je n’ai pas encore acheté de voiture électrique, j’ai commencé à remplacer toutes mes ampoules, je trie mes déchets (partiellement) … et dernièrement j’ai investi dans une MAGIC BALL.

« Grâce à la boule de lavage magique, lavez votre linge sans lessive, ni détergent. La protection des couleurs de votre linge est préservée de façon optimale » : j’approuve, jusqu’à nouvel ordre, l’eau n’a jamais rien décoloré !!!

« De plus, la boule de lavage magique contribue à protéger l’environnement contre le gaspillage et la pollution causée par les détergents chimiques » :  c’est logique et personne ne nie que les phosphates provoquent des dégâts.

« Elle vous permettra d’économiser 120 Kilos de lessives par an, puisque chaque boules vous garantit jusqu’à 1000 lavages » normal que ce ne soit pas indéfiniment réutilisable, il faut bien vendre, mais 120 kilos de lessive ça fait combien de paires de chaussures ???.

« Cette boule est composée de 3 types de boules céramiques ayant un effet permettant un nettoyage optimum » : c’est là que ça se complique, je vous livre les explications détaillées plus loin.

« Simple d’utilisation, il vous suffit simplement de mettre la boule avec votre linge dans la machine à laver. Après le lavage, elle peut rester dans votre machine pour un prochain lavage » : Je trouve cette  remarque énorme, il ne me serait jamais venu à l’idée de ne pas la mettre dans la machine, ni de l’étendre ou de la repasser ….

Tout ça me laisse quand même septique. Comment une boule, aussi magique soit elle, peut elle remplacer la lessive. A part l’activité mécanique qui consiste à battre le linge comme le faisaient les lavandières, j’ai du mal à comprendre le principe … et il ne manquerait plus que la boule use davantage le linge !!!

À quoi sert la lessive ? Faisons un peu de physique.
Un détergent est une molécule comportant une extrémité hydrophile (se liant à l’eau) et une extrémité lipophile (se liant aux corps gras) ; la molécule s’attache à la fois au gras de la salissure et à l’eau de lavage, ce qui fait que le matériau des taches grasses est entraîné dans l’eau.

Comment fonctionne la boule. Continuons la physique … une physique douteuse …
Je ne vais pas vous livrer la totalité du feuillet d’accompagnement mais je ne peux pas résister à vous citer les « meilleurs » extraits :
– « Réduction des détergents, réduction de la quantité d’eau utilisée, faible consommation d’électricité et gain de temps ». Là je m’interroge car à moins d’utiliser un cycle de lavage plus court, je ne vois pas comment consommer mois d’eau et d’électricité … me serais-je faite avoir ??? C’est d’autant plus incompréhensible qu’à la fin du guide d’utilisation, je lis : « pour un cycle de lavage normal, il est recommandé de lancer la machine après le temps de trempage ou de choisir un cycle correspondant à du linge très sale » … mais c’est carrément absurde !!!

– ou encore : « Les rayons infrarouges puissants de la Boule Magique coupent les liaisons d’hydrogène de la molécule d’eau en petits clusters et amènent à l’activation de ces petits clusters, ce qui accroit les mouvements moléculaires, la force et la puissance du lavage» … houlala, ça se complique sérieusement, mais on croit les inventeurs sur parole !!!!

– mieux « La boule magique élimine les moisissures, les organismes pathogènes et les odeurs déplaisantes présentes dans la machine à laver et activent l’eau pour augmenter la force de lavage » : serait-ce dire que ma machine est sale ?

– mais aussi « parce que la boule magique ne contient aucun détergent, il n’y a donc pas de résidu de détergent dans les fibres … » LaPalisse n’aurait pas fait mieux.

– et puis « … il n’est pas nécessaire d’ajouter des agents blanchissants, des assouplissants et d’autres actifs de lavage. Il n’y a pas au final de linge entremêlé » …. et là je pense très fort à Coluche et à la publicité diffusée à la télévisions quand j’étais petite et ventant les mérites d’OMO, efficace, même la serviette ultra tachée et nouée bien serrée. Et Coluche de s’amuser de celui qui a 5 kilos de linge à laver, qui fait les noeuds le lundi, la lessive le mardi et a le reste de la semaine pour défaire les noeuds. Parce que les noeuds qui ont été dans l’eau, bonjour !!!! 

Est-ce efficace ?
Je n’ai pas osé tester sur le linge blanc et encore moins sur les vêtements de Rugby de Grand-B. ce n’est donc pas demain que je jette définitivement mon baril de lessive. Sur le ligne de couleur, pas de doute, ça marche. Disons que c’est propre, que même sans adoucissant ce n’est pas rêche mais la question que je me pose : est-ce qu’un simple lavage à l’eau chaude n’aurait pas donné le même résultat ?
Et là, à l’heure où j’écris ce billet, je me dis que j’ai nettement moins de talent que Coluche mais que vingt ans plus tard, ce sketch n’a pas pris une ride alors je cesse là et je vous laisse rire. Clic-clic