jazz

Le bonheur est dans le Jazz

Lundi dernier, avec une amie, nous nous sommes offert une parenthèse enchantée au festival de Marciac. Le programme 2011 ne m’avait pas particulièrement attirée et je vivais encore avec le souvenir du show caribéen de Roberto Fonseca.

Cette année, c’est un style un peu similaire (houlala, que les puristes ne me condamnent pas) avec le contrebassiste Avishai Coven qui a attiré mon attention. Ce fut un bon choix. Avishai a le sens du spectacle, c’est rythmé et mélodieux. Un mélange des genres avec un soupçon se musique israélienne, quelque pincées de pop et une touche d’Andalousie … nous avons été conquises.

En ce qui concerne la seconde partie, je (nous) suis passée totalement à côté du concert de John Zorn, définitivement un style de jazz auquel je n’adhère pas. Il faut croire que je n’étais pas la seule puisque qu’au fil des morceaux, les spectateurs sortaient par dizaines. Au bout d’une heure, nous jetions à notre tour l’éponge, le chapiteau vidé de moitié, ceux qui sifflaient s’en étaient allés et nous avons laissé les amateurs agglutinés devant la scène de l’artiste.

Les commentaires allaient bon train, John Zorn est un jazzman de génie mais ce n’est pas du jazz « populaire ». No souci, j’assume tout à fait mon rejet du jazz intellectuel et je me contenterai de cette première partie magique.

Sinon, Marciac possède, comme beaucoup de villages du Gers une magnifique Bastide et à une heure de la maison, je crois que ce lieu vaut le détour hors festival … à planifier !!

Norah Jones … little broken hearts

Dix ans déjà que Norah Jones a débarqué dans mon champ musical.

J’écoute avec toujours autant de plaisir ses quatre précédents albums. Du jazz-soul, musique parfaite pour autoriser la lecture en même temps.

Ce nouvel album n’échappe pas à la règle. Un brin plus folk, un ton plus triste, elle a toujours une voix éblouissante, un petit coté Sade sur certains morceaux, un son limpide et même si je déplore un peu moins (traduire trop peu) de chansons jazz avec piano … vous l’aurez compris, je suis fan !!

Acheté cette semaine, l’album tourne en boucle et je ne me lasse pas de ces balades musicales.

Demain matin, après une semaine de folie (encore), nous nous échappons pour quelques jours de repos en Provence et nul doute que ces chansons vont accompagner notre route.

Je vous souhaite un bon WE …

Ca jazze pour moi #2

Après la soirée manouche survitaminée de l’avant-veille, soirée latine jeudi soir. Le tempo a plutôt intérêt d’être allègre car la fatigue de la semaine commence à se faire sentir. M-Chéri a fait un effort, il sera de la soirée.

de l’amadouer, nous choisissons un bon restaurant avant d’aller au concert. Il fait chaud, très chaud au premier étage de l’établissement mais la table est excellente et la vue sur la place de Marciac magnifique … ouf, c’est un bon début. Nous traînons un peu à table, tant pis pour Biel Ballester, nous ne verrons que la fin de sa prestation, pas assez pour juger mais au vu des applaudissements, ce devait être pas mal.

22H, je piaffe d’impatience, j’attends Roberto Fonseca. Un mélange d’excitation et d’appréhension, son dernier concert était tellement fantastique que j’ai peur d’être déçue. Je me dévoue pour la place achetée à la dernière minute (bon, j’avoue un égoïsme certain, elle était beaucoup mieux placée que les 7 autres et il me plait d’être seule pour savourer ce grand moment musical).  On dit du pianiste, que c’est un des fleurons de la nouvelle génération de musiciens cubains … réputation non usurpée !!!

Il monte sur scène, panama de cuir vissé sur la tête, la batteur s’échauffe, le percussionniste suit, les premières touches sont tapotées sur le piano, les premières notes s’échappent du saxophone  … le ton monte et instantanément la magie opère. Déjà les premiers applaudissements. Le concert sera un festival à lui tout seul. Fonseca ne quitte pas des yeux le percussionniste, son ami d’enfance. Leur connivence est totale, on ne sait jamais si c’est parfaitement réglé ou improvisé mais quoi qu’il en soit, c’est magique. Le public ne s’y trompe pas. Un mélange subtil d’énergie et de douceur aux inspirations Cubaine et Africaine. Devant 500 ou 5000 personnes, il dégage une aisance et un charisme tranquilles pour nous offrir avec son quintette cette soirée généreuse et festive. Le public en redemande. Deux heures de concert, des rappels multiples … mais il faut laisser la place au suivant et non des moindres.

Yuri Buenaventura, chanteur de salsa colombien. J’ai eu la chance d’assister à un concert à Tempo Latino dans les arènes combles de Vic Fezensac … inoubliable. Il entame celui ci par un petit mot aux jeunes de Marciac avec qui il a passé l’après midi leur souhaitant beaucoup de bonheur musical, c’est sa gentillesse qui transpire. Le concert commence mais il est déjà très tard ou très tôt. Aucun doute, je retrouve la même présence scénique qu’à Vic. Son « Cita con luz » est moins rythmé salsa, plus balade mais c’est si agréable. Nous ne resterons malheureusement pas jusqu’à la fin,  il ne faut pas abuser de la patience de M-Chéri qui jure qu’on ne l’y reprendra plus … moi, j’ai hâte de connaître le programme 2010 !!!

Ca jazze pour moi #1

Avec l’été, voilà venu le temps des festivals et tout particulièrement celui du JIM (Jazz In Marciac).Après chaque passage dans le Gers, dans ce si joli village perdu au milieu des tournesols et des vignes, à peine remise de mes émotions, je rêve déjà des nouvelles à venir.

Cette année, j’ai jeté mon dévolu sur Thomas DutroncRoberto Fonseca et Yuri Buenaventura. C’est donc une semaine bien chargée qui s’écoule, je serais sans aucun doute épuisée vendredi peu importe, hier le beau Thomas et demain le virtuose Roberto … c’est une bien belle semaine.

Alors c’est du concert du « fils de » dont je vais vous parler. Aucun doute, je jeune Thomas a dépoussiéré le chapiteau du JIM hier soir. Grosse frayeur au début du concert, l’artiste étant visiblement au bord de la syncope, tendu comme un string …

Il faut dire que ce festival est synonyme de qualité et de performance instrumentale et la pression était palpable. Au fil du concert, le trac s’est envolé et, je crois pouvoir dire que Thomas, et son quartette  ont réussi à se faire un nom dans le monde du Jazz version « In » puisqu’ils avaient déjà été invités du festival « Off » il y a deux ans.

Spécialité du jour annoncée : le jazz Manouche. Spécialité présentée hier soir : l’humour. Ces cinq musiciens nous ont offert un spectacle avec un jeu de lumières et une vraie mise en scène, riche et variée : ah, la banane en guise de téléphone, les cartes postales et les bibelots kitchouilles (mention spéciale à la danseuse enfermée dans un fond de bouteille, mes grands parents avaient la même), la caméra au poing de Thomas qui se balade dans le public, tombe sur des personnalités et demande « pardon » … c’était vraiment « ballot » !!!

Une alternance de morceaux tirés de l’album « Comme un manouche sans guitare ». Sa chanson « Des frites bordel » complètement revisitée est partie « en live » (dommage tout de même, on avait appris les paroles par cœur pour chanter à tue-tête et nous nous sommes retrouvés un peu perdus dans son délire), des morceaux de Jazz Manouche époustouflants (bravo au violoniste Pierre Blanchard) … et un « pot pourri vraiment pourri » (c’est lui qui l’a dit) avec Billie jean  – oui, oui, du défunt Mickael – ressuscité version manouche … de quoi laisser perplexe la moitié des 5000 spectateurs et nous faire pleurer de rire.

Bref, un joyeux mélange bien dosé, virtuosité et convivialité ont été les maîtres mots de ces presque 2 heures de concerts avec un final façon Django Reinhard, exercice très casse-gueule mais particulièrement réussi. Mieux qu’un concert, c’est à un vrai spectacle que nous avons assisté … et j’en redemande … c’est pour demain, trop de chance, je sais !!!!

Edit de quiche : je n’ai pas fait les soldes mais je me suis bien lâchée en loisirs, ça compte ???

Edit colère : Mr Frédéric Mitterrand, ministre de la culture était présent … et s’est fait huer. Quelle honte !!! 20 ans qu’un ministre ne s’était pas déplacé à Marciac, j’ai trouvé cette réaction d’une part du public proprement scandaleuse. Nous avons la chance d’avoir un ministre de la culture … cultivé et peu importe ses opinions politiques me semble-il, d’autant plus que ce Monsieur a toujours été constant dans les siennes … voilà, c’est dit et ça m’a énervé !!!

Un WE au jazz #2


Samedi soir, je me suis octroyée une petite sortie plaisir. M-Chéri n’aime pas le Jazz, peu importe, me voilà partie seule pour assister au concert de Roberto Fonseca et de son quintette.

Je ne connais finalement que peu de chose de l’artiste, si ce n’est que c’est un pianiste cubain très talentueux,  qu’il a participé à la dernière tournée du Buena Vista Social Club et qu’il sera à Marciac devant 5000 personnes en août.

21h00, la salle est pleine. Bon, soyons clair, pleine, cela veut dire 450 personnes, c’est pas le Zénith et c’est tant mieux, mais notre petite salle de spectacles offre une intimité et une acoustique parfaites. J’ai même l’impression d’être installée sur la scène puisque je suis invitée, en « V.I.P. » … et installée au premier rang.

21h15, Roberto avance sur scène, chapeau vissé sur la tête à la Charlie Winston (je sais, c’est une obsession) suivi de ses 4 acolytes : un batteur, un percussionniste, un contrebassiste et un virtuose des instruments à vents qui alternera saxo, clarinette et flûte traversière avec brio (le mot est faible, c’est un truc de fou !!!)

Dès les premiers accords de piano, je suis conquise. Pour avoir pratiqué 12 ans de piano et n’en n’avoir rien gardé, je suis fascinée par le jeu de ses doigts qui glissent sur le piano d’un octave à l’autre avec une virtuosité déconcertante. Pas un regard au clavier, sa technique est brillante et sa facilité d’improvisation carrément bluffante.

Les morceaux s’enchaînent avec une montée en puissance qui me transporte. J’ai du mal à trouver les mots pour décrire ce sentiment de plénitude musicale et j’ai vraiment l’impression d’assister à un grand show. Dans un espace si confiné que je me sens extrêmement privilégiée d’avoir pu assister à ce moment magique.

Le concert terminé, j’ai acheté le CD et joué la groupie pour faire dédicacer le livret. A ce sujet, je n’étais pas la seule, cela a été une véritable foire d’empoigne. Je me suis fait piétiner les pieds, j’ai subi des attaques de coude dans le dos, quelques insultes ont fusé … à me demander si je n’ai pas assisté à un concert d’une grand star sans le savoir !!! Enfin, compte tenu de la moyenne d’âge assez élevée, je constate juste que les vieux sont beaucoup plus mal élevés que les jeunes et Roberto Fonseca d’une patience d’ange !!!

Du coup, le concert du lendemain, pourtant excellent, sur un rythme beaucoup plus salsa que jazz me laissera sur ma faim. Bon, il faut avouer que j’étais vraiment fatiguée, que j’ai fini pieds nus, la plantes de mes petons en feu d’avoir trop dansé et que j’ai été fort incommodée par les odeurs aigres de transpiration  de quelques personnes qui se sont trémoussées sur des rythmes latinos endiablés … les bras en l’air …. Beurk !!!

Prochaine étape : Marciac … et qui sait, peut-être à nouveau le quintette Fonseca, j’ai écouté le CD 3 fois depuis hier … le bonheur !!!