livre

Vango (Timothée de Fombelle)

201706 Lecture 2

Lire Vango ou comment réveiller son âme d’enfant en deux volumes. Lire Vango c’est redécouvrir avec délice les plaisirs de lecture quand petite je dévorais les romans d’aventure d’Alexandre Dumas ou de Jules Verne.

Mais voilà, c’est fini, je viens de dévorer les deux tomes de la sage signée Timothée de Fombelle. Je ne sais même pas par quel bout commencer cette critique tellement ces deux livres sont denses !

Vango est un jeune orphelin au destin extraordinaire dont on va découvrir la vie au fil des pages. Le premier tome « Entre ciel et terre » débute en 1934. Notre Dame de Paris, Vango s’apprête à prononcer ses vœux quand le père Jean est retrouvé assassiné. En deux pages, voilà Vango en train de courir sur les toit de Paris et de disparaître des radars du commissaire Boulard. Le lecteur part lui à la rencontre de ce mystérieux Vango dans les îles Eoliennes en 1918 puis en Ecosse, en Allemagne … et partout en Europe, dans cette Europe en pleine mutation au sortir de la première guerre mondiale. Attention qui dit roman jeunesse ne veux pas dire facile ou infantilisant. Les personnages sont nombreux, il faut suivre mais surtout c’est une belle façon de revisiter notre histoire. Les références au Graf Zeppelin entre autres sont fascinantes.

Le second tome « Un prince sans royaume » n’est pas en reste et décortique le second conflit mondial. La guerre, le fascisme, la résistance, les juifs … autant de sujets vus et revus mais abordés ici d’une façon réellement différente. C’est quand même agréable de se dire que ce livre destiné à la jeunesse apporte un éclairage nouveau et passionnant de notre histoire contemporaine qu’il ne faut surtout pas oublier …

Au fil des deux tomes, les personnages s’étoffent, réservent de belles surprises et ils sont tous extrêmement vivants, pour le meilleur ou pour le pire ! J’ai trouvé dans ces livres du romanesque, du mystère, de l’aventure, de l’intrigue … ça fait un bien fou !!

Côté style, c’est redoutablement efficace, fluide, parfois poétique, jamais ennuyeux, bon, j’arête là, IL FAUT le lire !!

Mai en automne (Chantal Creusot)

Lecture 201706-1

Un fois n’est pas coutume, je vous livre la quatrième de couverture. « C’est beau comme un classique. Avec une grande limpidité de style, l’auteur brosse une fresque des mœurs provinciales dans le Cotentin pendant et après la seconde guerre mondiale. Marie, la servante tragique, Solange, mariée à Simon qui ne l’aime plus, Hélène l’épouse volage du procureur, sont parmi les héroïnes de ce roman qui exalte les passions secrètes et les désastres tranquilles de personnage englués dans la fatalité. Captivant ». (Claire Julliard)

« Mai en Automne » c’est 20 ans de la vie de plusieurs femmes, à l’aube de la seconde guerre mondiale et jusqu’aux années 50. Chantal Creusot brosse avec beaucoup de justesse les destins croisés de familles provinciales issues de toutes les couches sociales. De la ville à la campagne, de la fille de ferme à la femme bourgeoise du médecin ou volage du procureur, tous ont en commun une vie étriquée par le poids convenances de l’époque.

La vie de toutes ces femmes est faite de passions et de désillusions, de désirs et de trahisons, de bonheurs et de deuils et tout cela sert une fresque provinciale pleine de finesse et de sensibilité … il y a du Flaubert et du Maupassant dans ces pages. Cette délicate sensation de limpidité : chaque ligne est précise, chaque mot juste, quelle élégance dans cette écriture !

C’est un livre qui se mérite, mais les classiques se méritent. Les protagonistes sont nombreux ce qui peut rendre la lecture un peu difficile mais vraiment, cela vaut le coup de se laisser porter par ce très beau roman fresque.

Le dimanche des mères (Graham Swift)

201705 Livre

Vous avez aimé Downton Abbey ? vous allez adorer le dimanche des mères.

Nous sommes en 1924, dans le Berkshire, au milieu de familles aristocratiques. On sent néanmoins que la première guerre est passée par là, que les temps ne seront pus jamais les même mais il y a une tradition qui perdure, c’est celle du dimanche des mères.

Les employeurs offrent donc une journée à leurs domestiques. Jane a 23 ans, elle est servante … et orpheline. Son dimanche des mères, elle va le passer dans les bras de Paul, fils d’une riche famille bourgeoise, son amant depuis sept ans, juste avant que celui ci ne se marie avec une jeune fille de son milieu.

Graham Swift peint en quelques mots un tableau d’une rare précision, tout en délicatesse et en évocations.

Comment peut-on raconter autant de détails en aussi peu de pages ? Comment peut-on raconter autant d’histoires en une seule journée ? Comment une vie peut-elle basculer en quelques heures ? Comment peut-on être une femme aussi libre en 1924 ?

C’est sensible et sensuel, lumineux et enchanteur … je l’ai lu il y a quelques temps, il était grand temps que je vous en parle, à lire absolument !

La maison au bord de la nuit (Catherine Banner)

201604 Lecture 2

Si comme moi vous aimez les sagas familiales, ce livre est fait pour vous.

Amadéo Esposito est un jeune orphelin qui a été recueilli par un médecin qui lui a permis de faire des études et de devenir médecin à son tour. A l’aube du premier conflit mondial, c’est à Castellamare, une petite île perdue au large de Syracuse qu’il trouvera son premier poste et passera sa vie.

Cette Saga balaye le grand siècle comme dirait Ken Follett. Il va s’en passer des événements heureux et malheureux sur cette île reculée (tout juste un cailloux) et l’auteure pose ici une magnifique histoire d’amour mais aussi (et surtout) une chronique des années d’entre deux guerres, l’Italie fasciste, l’ouverture de la petite île au tourisme, les progrès technologiques du siècle … bref, un roman foisonnant qui se lit d’une traite.

Il y a un peu de l’île aux oubliés de Victoria Hislop dans cette histoire et cette île aussi belle qu’hostile est un personnage à part entière. Sur fond de croyances et de processions à la gloire de Santa Agata, les habitants sont autant de personnages attachants qui se retrouvent au café de « La maison au bord de la nuit ».

C’est bien écrit, fluide, bien rythmé et c’est avec un beaucoup de plaisir que je me suis laissé portée par l’histoire de la famille Esposito sur 3 générations.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité, grâce pour ce voyage italien enchanteur.

Je suis Pilgrim (Terry Hayes)

201702 Lecture

Fin 2016, j’ai eu envie de me vider la tête et pour ça, un polar ça tombe toujours bien. Comme je ne voulais pas non plus tomber dans la facilité, mon libraire m’a conseillé « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes et pour le coup, je n’ai pas été déçue.

Je suis Pilgrim c’est un pavé de 900 pages, des personnages en pagaille, un puzzle qui se construit au fil des pages, des montées d’adrénaline, des passages complexes … et, faute de plages de lecture suffisamment longues, il m’a fallu quelques semaines pour le terminer.

Cela commence à New-York, peu après les attentats du 11 septembre. Une jeune femme est découverte assassinée, son corps brûlé à l’acide empêchant toute identification. D’autres meurtres seront commis et Pilgrim (le pèlerin) partira à la recherche d’un terroriste rebaptisé Le sarrazin (le nomade). Voilà pour le fil rouge du livre mais c’est bien loin de se résumer à cela. Comme d’habitude, je n’aime pas en dire trop, chaque chapitre réservant son lot de surprises mais c’est une histoire tout à fait crédible et ça fait froid dans le dos !

Ce roman balaye 30 ans de notre histoire récente. De la menace que les islamistes radicaux font peser sur l’occident en remontant jusqu’à l’invasion russe en Afghanistan et en passant par la guerre en, Irak et même la bande de Gaza, je vous ai prévenu, c’est riche … et complexe. Pour les amateurs du genre, il y a un mélange de Homeland et de 24 heures … passionnant !!

Le livre apporte en outre un éclairage intéressant sur comment un jeune garçon, dont le père a été exécuté sous ses yeux, trouve l’apaisement dans une foi radicale et radicalement anti-occidentale, sur le traumatisme laissé par l’effondrement des Twin Towers, sur la place des femmes dans la religion musulmane … je vous ai prévenu, c’est dense et même si je pourrais déplorer une vision géopolitique un peu trop américaine, il serait dommage de résumer ce livre à un vulgaire roman d’espionnage.