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Le dimanche des mères (Graham Swift)

201705 Livre

Vous avez aimé Downton Abbey ? vous allez adorer le dimanche des mères.

Nous sommes en 1924, dans le Berkshire, au milieu de familles aristocratiques. On sent néanmoins que la première guerre est passée par là, que les temps ne seront pus jamais les même mais il y a une tradition qui perdure, c’est celle du dimanche des mères.

Les employeurs offrent donc une journée à leurs domestiques. Jane a 23 ans, elle est servante … et orpheline. Son dimanche des mères, elle va le passer dans les bras de Paul, fils d’une riche famille bourgeoise, son amant depuis sept ans, juste avant que celui ci ne se marie avec une jeune fille de son milieu.

Graham Swift peint en quelques mots un tableau d’une rare précision, tout en délicatesse et en évocations.

Comment peut-on raconter autant de détails en aussi peu de pages ? Comment peut-on raconter autant d’histoires en une seule journée ? Comment une vie peut-elle basculer en quelques heures ? Comment peut-on être une femme aussi libre en 1924 ?

C’est sensible et sensuel, lumineux et enchanteur … je l’ai lu il y a quelques temps, il était grand temps que je vous en parle, à lire absolument !

La maison au bord de la nuit (Catherine Banner)

201604 Lecture 2

Si comme moi vous aimez les sagas familiales, ce livre est fait pour vous.

Amadéo Esposito est un jeune orphelin qui a été recueilli par un médecin qui lui a permis de faire des études et de devenir médecin à son tour. A l’aube du premier conflit mondial, c’est à Castellamare, une petite île perdue au large de Syracuse qu’il trouvera son premier poste et passera sa vie.

Cette Saga balaye le grand siècle comme dirait Ken Follett. Il va s’en passer des événements heureux et malheureux sur cette île reculée (tout juste un cailloux) et l’auteure pose ici une magnifique histoire d’amour mais aussi (et surtout) une chronique des années d’entre deux guerres, l’Italie fasciste, l’ouverture de la petite île au tourisme, les progrès technologiques du siècle … bref, un roman foisonnant qui se lit d’une traite.

Il y a un peu de l’île aux oubliés de Victoria Hislop dans cette histoire et cette île aussi belle qu’hostile est un personnage à part entière. Sur fond de croyances et de processions à la gloire de Santa Agata, les habitants sont autant de personnages attachants qui se retrouvent au café de « La maison au bord de la nuit ».

C’est bien écrit, fluide, bien rythmé et c’est avec un beaucoup de plaisir que je me suis laissé portée par l’histoire de la famille Esposito sur 3 générations.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité, grâce pour ce voyage italien enchanteur.

Je suis Pilgrim (Terry Hayes)

201702 Lecture

Fin 2016, j’ai eu envie de me vider la tête et pour ça, un polar ça tombe toujours bien. Comme je ne voulais pas non plus tomber dans la facilité, mon libraire m’a conseillé « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes et pour le coup, je n’ai pas été déçue.

Je suis Pilgrim c’est un pavé de 900 pages, des personnages en pagaille, un puzzle qui se construit au fil des pages, des montées d’adrénaline, des passages complexes … et, faute de plages de lecture suffisamment longues, il m’a fallu quelques semaines pour le terminer.

Cela commence à New-York, peu après les attentats du 11 septembre. Une jeune femme est découverte assassinée, son corps brûlé à l’acide empêchant toute identification. D’autres meurtres seront commis et Pilgrim (le pèlerin) partira à la recherche d’un terroriste rebaptisé Le sarrazin (le nomade). Voilà pour le fil rouge du livre mais c’est bien loin de se résumer à cela. Comme d’habitude, je n’aime pas en dire trop, chaque chapitre réservant son lot de surprises mais c’est une histoire tout à fait crédible et ça fait froid dans le dos !

Ce roman balaye 30 ans de notre histoire récente. De la menace que les islamistes radicaux font peser sur l’occident en remontant jusqu’à l’invasion russe en Afghanistan et en passant par la guerre en, Irak et même la bande de Gaza, je vous ai prévenu, c’est riche … et complexe. Pour les amateurs du genre, il y a un mélange de Homeland et de 24 heures … passionnant !!

Le livre apporte en outre un éclairage intéressant sur comment un jeune garçon, dont le père a été exécuté sous ses yeux, trouve l’apaisement dans une foi radicale et radicalement anti-occidentale, sur le traumatisme laissé par l’effondrement des Twin Towers, sur la place des femmes dans la religion musulmane … je vous ai prévenu, c’est dense et même si je pourrais déplorer une vision géopolitique un peu trop américaine, il serait dommage de résumer ce livre à un vulgaire roman d’espionnage.

L’autre qu’on adorait (Catherine Cusset) RL2016#6

201701 Lecture 2

Il y a des livres beaux et tristes que l’on lit dans des moments douloureux et tristes. C’est sans doute pourquoi il m’aura fallu autant de temps pour le chroniquer, sans doute celui de le digérer et même d’avoir envie de relire certains passages.

« L’autre qu’on adorait », c’est le dernier roman de Catherine Cusset, auteure que j’apprécie particulièrement. Ce livre n’est pas que roman puisque c’est un hommage à son meilleur ami, Thomas, brillant, drôle, cultivé, jouisseur mais suicidé à 39 ans. Dès le début on sait la fin de vie de Thomas mais au fil des pages, on cherche la fêlure qui a conduit cet étudiant brillant, professeur d’université aux états unis à mettre fin à la spirale de l’échec dans laquelle il s’était embourbé.

Le début de l’amitié entre Catherine et Thomas a été érotique puis leur relation a été un lien plus ou moins distendu qui ne s’est jamais défait, parfois légère, parfois doublée d’incompréhension quant cet homme brillant à qui rien ne résistait enchainait les échecs avec un fatalisme inéluctable.

On retrouve l’écriture fine de Catherine Cusset, cette émotion papable au fil des pages, un bel hommage à cet ami qui finalement ne savait pas vivre et auquel elle offre une ultime gloire.

Le petit bémol qui m’a déstabilisée du début à la fin du livre c’est le tutoiement de l’auteur envers son ami, laissant un peu le lecteur à l’écart de leur histoire.

La trilogie écossaise de Peter May

201701 lecture

Cela fait un moment que je n’ai pas parlé de livres ici, un moment que je n’ai pas parlé tout court d’ailleurs ! Attention, gros retard de lecture à rattraper !

A la recherche de livres prenants j’ai achevé la trilogie de Peter May , de quoi me donner des envies de découvrir l’Ecosse, même si celle dont parle l’auteur n’est pas des plus accueillantes !

Dans ces deux opus, nous retrouvons Fin Macleod. Il a abandonné définitivement sa carrière de policier et Edimbourg pour revenir vire sur son île natale des Hébrides, cette île battue par les tempêtes en chaque saison. Une nouvelle fois, il est confronté à son passé, à un cadavre et ses amis d’enfance qui eux n’ont pas quitté l’île. Le passé se mêle habilement au présent entre histoire et nostalgie de l’enfance.

Peter May profite du dernier volet de la trilogie pour évoquer une période sombre de l’histoire de l´Écosse, celle des homers, ces orphelins recueillis dans des familles qui les auront au mieux un peu aimés, au pire beaucoup exploités.

Dans ces deux livres, on retrouve cette Écosse mystérieuse, majestueuse et sauvage. L’écriture est riche, dense, tour à tour violente et poétique …