polar

La chambre d’ami (James Lasdun)

201703 Lecture

Je ne lis que très rarement la quatrième de couvertures mais là, l’accroche n’est rien de moins que « Un huis clos délicieusement pervers entre Françoise Sagan et Patricia Highsmith … ça donne envie, non ?

Un été qui s’étire dans une villa de rêve, un couple fortuné et que l’on imagine beau, un cousin un peu paumé … voilà les trois personnages du huis clos.

Charlie est un banquier New Yorkais qui a fait fortune et le montre, Chloe son épouse est forcément oisive et ravissante et enfin, Matthew son cousin fauché qui a sous-loué son appartement de New-York et compte se taper l’incruste tout l’été. C’est caricatural mais hélas, c’est ce qui attend le lecteur dans le premier tiers du livre.

Une vague histoire d’adultère vient réveiller un peu le lecteur mais c’est finalement à la psychologie des personnages que l’auteur vient s’intéresser et j’y ai cru un peu plus, la tension monte petit à petit mais la fin reste attendue et finalement, je n’ai éprouvé de l’empathie pour aucun de ces personnages beaucoup trop lisses et superficiels.

Ce n’est pas que ce soit mal écrit, ça se lit même plutôt bien mais le style est sans surprise, banal même. Alors oui, je l’ai lu d’un trait ou presque ce qui en soit en fait un bon livre mais non, n’est pas Sagan qui veut !!

Merci à Babelio et aux Editions Sonatine pour ce roman qui reste un bon moment de lecture détente.

Je suis Pilgrim (Terry Hayes)

201702 Lecture

Fin 2016, j’ai eu envie de me vider la tête et pour ça, un polar ça tombe toujours bien. Comme je ne voulais pas non plus tomber dans la facilité, mon libraire m’a conseillé « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes et pour le coup, je n’ai pas été déçue.

Je suis Pilgrim c’est un pavé de 900 pages, des personnages en pagaille, un puzzle qui se construit au fil des pages, des montées d’adrénaline, des passages complexes … et, faute de plages de lecture suffisamment longues, il m’a fallu quelques semaines pour le terminer.

Cela commence à New-York, peu après les attentats du 11 septembre. Une jeune femme est découverte assassinée, son corps brûlé à l’acide empêchant toute identification. D’autres meurtres seront commis et Pilgrim (le pèlerin) partira à la recherche d’un terroriste rebaptisé Le sarrazin (le nomade). Voilà pour le fil rouge du livre mais c’est bien loin de se résumer à cela. Comme d’habitude, je n’aime pas en dire trop, chaque chapitre réservant son lot de surprises mais c’est une histoire tout à fait crédible et ça fait froid dans le dos !

Ce roman balaye 30 ans de notre histoire récente. De la menace que les islamistes radicaux font peser sur l’occident en remontant jusqu’à l’invasion russe en Afghanistan et en passant par la guerre en, Irak et même la bande de Gaza, je vous ai prévenu, c’est riche … et complexe. Pour les amateurs du genre, il y a un mélange de Homeland et de 24 heures … passionnant !!

Le livre apporte en outre un éclairage intéressant sur comment un jeune garçon, dont le père a été exécuté sous ses yeux, trouve l’apaisement dans une foi radicale et radicalement anti-occidentale, sur le traumatisme laissé par l’effondrement des Twin Towers, sur la place des femmes dans la religion musulmane … je vous ai prévenu, c’est dense et même si je pourrais déplorer une vision géopolitique un peu trop américaine, il serait dommage de résumer ce livre à un vulgaire roman d’espionnage.

Le dompteur de Lion (Camilla Lackberg)

Depuis « La princesse des glaces », le premier livre de Camilla Lackberg, j’attends chaque année ou presque le nouvel opus de la romancière véritable phénomène de la littérature mondiale.

La recette reste identique (alternances de courts chapitres dans le passé et dans le présent avec les différents protagonistes), déviances familiales et perversion de l’âme humaine. Les deux héros, Patrick Hedstrom et Erica Falk – sa femme – finissent toujours par se retrouver sur la même enquête. Dans ce neuvière opus, la bridade policière de Fjällbacka enquête sur des disparitions de jeunes filles dont une vient d’être retrouvée atrocement mutilée. Erica travaille sur un nouveau livre, l’histoire d’une jeune femme qui purge une peine de  prison pour le meurtre de son mari et maltraitance sur sa plus jeune fille.

Camilla Lackberg a toujours autant d’imagination, la vie de famille des protagonistes offre régulièrement des respirations salvatrices, cela flirte parfois avec le fantastique mais au final, alors que cela fait plusieurs livres que j’étais très déçue, celui là m’a emballée et je me suis laissée manipuler jusqu’à la dernière page.

Bref, c’est efficace et agréable, la lecture d’été parfaite !!!

L’île des chasseurs d’oiseaux (Peter May)

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Fin Macleod est inspecteur de police en Ecosse. Alors qu’il reste très marqué par la mort de son fils unique de 8 ans, qu’il se débat dans une vie de couple mise à mal par cette tragédie, il est appelée à enquêter sur un meurtre commis sur son île natale : l’île de Lewis.

L’histoire se construit petit à petit, tant autour de l’enquête qu’au fil des confidences et des souvenirs de Fin sur son enfance. L’intrigue policière ne fait pas l’essentiel du livre, le sel de ce roman c’est ce puzzle qui se précise de chapitre en chapitre, on découvre des souvenirs douloureux, des traditions ancestrales malheureuses et l’alternance présent / passé ou je / il sert magistralement le récit.

Voilà le genre de roman policier que j’aime. Assez peu de violence finalement (même si celle contenue dans les mots et les situations est latente en permanence), le premier tome de cette trilogie est aussi le récit d’amours contrariés et surtout un magnifique hommage à l’Ecosse, à ses paysages, à ses habitants ou à ses coutumes.

Au fil de ma lecture, j’ai effectué des recherches sur les îles du nord de l’Ecosse et je n’avais qu’une envie : découvrir ces paysages à la beauté sauvage magnifiés par les descriptions de l’auteur.

Une histoire sombre et tourmentée, une atmosphère noire et brumeuse, un suspense maitrisé de bout en bout, coup de cœur et vite, la suite !!

La lionne blanche (Henning Mankell)

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La lionne Blanche est le troisième livre des enquêtes du commissaire Wallander. Ecrit en 1993, l’action se situe alternativement en Suède et en Afrique du Sud alors que l’apartheid vient tout juste d’être aboli.

Je crois vraiment que c’est cette seconde partie de l’enquête, particulièrement bien documentée, qui m’a le plus passionnée, c’est toujours tellement intéressant de revisiter notre histoire récente avec un peu de recul.

Kurt Wallander et son équipe enquêtent sur le meurtre d’une mère de famille visiblement sans histoire. Un meurtre incompréhensible si ce n’est que cette jeune femme s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. En parallèle, Henning Mankell nous emmène en Afrique du Sud où un complot visant à l’assassinat d’une personnalité à forte influence dans ce pays en postapartheid.

La Scanie et l’Afrique du Sud ? quel rapport me direz vous ? … et bien c’est toute la prouesse de ce livre mêlant afrikaners extrémistes, agents du KGB … et simples policiers suédois.

L’auteur conduit impeccablement cette double intrigue, mêlant personnages réels et fictifs. Le suspense est bien mené, c’est un peu comme si l’auteur avait pris tout son temps, pour mon plus grand bonheur de lecture.

Le commissaire Wallander gagne un peu plus en épaisseur. Toujours borderline, il est prétexte à un regard acéré sur la société suédoise, c’est un roman passionnant !