En France

Du côté des indiens (Isabelle Carré)

J’ai suivi Isabelle Carré depuis ses débuts en tant qu’actrice et j’ai toujours admiré ses choix cinématographiques. J’ai apprécié son premier roman « Les rêveurs » qui m’a permis de revisiter toutes ces années de nos jeunesses (la sienne et la mienne), tous ses films que j’avais vus et aimés. J’ai bien déploré que ce soit un peu brouillon, parfois approximatif littérairement parlant mais pour un premier roman aussi prometteur et lumineux, on peut accepter quelques imperfections.

Je me suis donc jetée sur le livre dès sa sortie sans trop savoir de quoi il parlait. Je crois même ne pas avoir lu la quatrième de couverture !!

Quatre personnages en quête de lumière

Dès les premières pages, j’ai donc fait la connaissance de Ziad. Il est d’emblée attachant ce gamin, si mâture du haut de ses dix ans. Dix ans c’est jeune pour découvrir que son père trompe sa mère avec la belle rousse du cinquième étage. Ziad ne dit rien, il perçoit tout et souffre en silence … et puis d’un coup, on découvre la vie de Muriel (je vous épargne le lien entre les personnages pour ne pas divulgacher l’histoire) jeune actrice qui a été abusée par un metteur en scène beaucoup plus âgée qu’elle. Un peu sonnée par cette ellipse narrative j’imagine que l’auteure nous livre sa version du mouvement #Metoo. Je suppose qu’à ses débuts, Isabelle Carré a du subir les assauts d’un réalisateur. J’écoute (enfin, je lis) la passivité de la toute jeune actrice devant ce prédateur, davantage accrochée par mon intérêt pour l’envers du décor des métiers du cinéma que par l’abus sexuel (c’est grave !).

A mi livre, je ne comprends toujours pas où elle veut en venir si ce n’est que Muriel et Ziad sont piégés par leur silence, aussi vulnérables l’un que l’autre.  Et voilà que Bertrand s’achète une rédemption sur le dos d’un anévrisme, qu’Anne fond les plombs, que les voisins sont victimes d’antisémitisme… je suis perdue (vous ne savez pas qui sont Bertrand et Anne, c’est pas grave) ! Je me suis accrochée jusqu’au bout, voulant savoir où elle comptait nous amener … et bien nulle part !!

Quand cela ne fonctionne pas …

Littérairement c’est bancal et limite mauvais ! Il y a quelques jolis moments d’écriture, on retrouve le côté sensible et délicat de l’auteure mais l’essai est bien loin d’être transformé.  Et puis cette collection de sujets d’actualité ça m’agace, surtout que sur ce coup, la barque est sacrément chargée. J’avais déploré cela chez Karine Tuil mais à côté c’était du grand art, du très grand art !

J’ai d’ailleurs envie de pousser un énorme coup de gueule contre les éditions Grasset ! Ok, le filon de la jolie actrice délicate et poète est bon mais laisser passer ce livre juste pour espérer un succès aussi phénoménal que pour « Les rêveurs » ce n’était vraiment pas lui rendre service.

Bref, trop de sujets abordés, des personnages inachevés, aucune cohésion narrative (il aurait mieux valu des nouvelles) et puis cette façon déguisée de surfer sur les sujets de l’actualité … je suis énervée d’avoir été piégée … et pourtant, je suis souvent « du côté des indiens » !!

Du côté des Indiens
Isabelle Carré
Editions Grasset
350 pages
En France Escapades

Un grand week-end à Etretat

Je vous emmène aujourd’hui en Normandie. Direction les falaises d’Etretat, un lieu mythique, reconnaissable entre mille qui me faisait rêver depuis des années. Nous y avons passé tout un week-end. Depuis le fin fond de notre Sud-Ouest, ce n’étais évidemment pas la destination le temps d’un WE  mais le point de départ de notre road-trip sur les côtes Normandes et Bretonnes.

Etretat, site naturel exceptionnel

La renommée internationale de la petite ville normande n’est pas usurpée. Le site est à couper le souffle et malgré une date avancée dans la saison (fin août) il y avait encore énormément de monde !

Dès le premier soir la beauté des falaises crayeuses nous a époustouflés. Sculptées par le temps, les tempêtes et une rivière souterraine, elles sont majestueuses. Le bruit de nos pas sur les petits galets polis par le ressac au coucher du soleil restera longtemps gravé dans nos mémoires.

Randonnée de la falaise d’Aval au Cap d’Antifer

Le lendemain, le soleil nous avait hélas abandonnés. Peu importe, c’était le temps idéal pour enfiler nos chaussures de marche. Direction La Poterie-Cap-d’Antifer en suivant le sentier des douaniers. Les falaises s’étendent sur une centaine de kilomètres mais nous n’en avons parcouru qu’une infime partie.

Certaines culminent à 105 mètres. Certes, l’accès nécessite donc quelques efforts mais la récompense est assurée. Au sommet de la falaise Aval la vue sur l’arche et l’aiguille est à couper le souffle. Revers de la médaille : les premiers points de vue sont pris d’assaut. Je n’ose même pas imaginer la fréquentation par beau temps et en peine saison !!

Ce que j’appelle l’arche est en fait la « porte d’Amont » que Guy de Maupassant avait décrite comme un éléphant trempant sa pointe dans l’eau. L’aiguille creuse se tien en embuscade, immortalisée par le roman éponyme de Maurice Leblanc. A ce sujet, la demeure de l’écrivain en plein village a été transformée en un musée scénographique. Le Clos Lupin, en référence au célèbre gentleman cambrioleur, Arsène Lupin. Le lieu est très prisé des visiteurs mais nous avions des envies de plein air alors je ne pourrais pas vous en parler !

Heureusement, dès que nous nous sommes éloignés d’Etretat, la fréquentation était moindre.  Les touristes sont nombreux, les randonneurs beaucoup moins !

La balade sur le chemin GR21 longe le magnifique golf . De montées en descentes les kilomètres se sont enchainés. Nous avons croisé des ânes (éco-pastoralisme), des chevaux (la police montée) et des plages sauvages si tant est qu’on se donne la peine d’y descendre. Tout était si beau … Nous avons rebroussé chemin au phare d’Antifer, toujours en activité pour faciliter l’accès au port pétrolier du Havre.

Etretat vu des falaises

Au pied de la falaise, à marée basse on distingue les traces d’anciens parcs à huîtres datant du XVIIIème siècle. Sur la gauche, on devine également le « trou à l’homme » mais l’accès en est strictement interdit. Traverser la falaise par un tunnel est bien tentant … Pour la petite histoire, le lendemain, il a fallu secourir des aventuriers imprudents piégés par la marée !

Le village est tout en contraste. Des petites maisons aux manoirs en passant par des villas cossues, tout cet habitat semble blotti à flanc de falaises. Simple village de pêcheurs à l’origine, à la fin du XiXème siècle, Etretat devient une station huppée. Aujourd’hui, le tourisme y est devenu très populaire.

Randonner à Etretat, de la falaise d’Amont à Bénouville

Le surlendemain, le temps était encore moins clément que la veille. Sous un ciel maussade et poussés par le vent, c’est de l’autre côté (direction Fécamp) que nous sommes partis randonner.

Accessible par un escalier et une bonne centaine de marches, la falaise d’Amont héberge à son sommet une petite chapelle. Notre-Dame-de-la-Garde côtoie une flèche pointée vers le ciel. Le monument a été érigé en hommage aux aviateurs Charles Nungesser et François Coli. Ces héros de la première guerre mondiale avaient tenté la traversée de l’Atlantique à bord de « L’oiseau blanc ». Des habitants de la commune ont aperçu une dernière fois l’avion avant qu’il ne s’abîme en mer. Il n’a jamais été retrouvé … et je suis fan de ces mystères !!

En longeant les falaises, nous nous sommes émerveillés des changements de couleur au gré des nuages et des percées du soleil. La côte d’Albâtre se décline en des nuances de bleus et de gris. Rien d’étonnant à ce qu’elle ait inspiré tant de peintres et d’écrivains. Le spectre des teintes est ici infini. L’écume des vagues ponctuant ce tableau de notes de blanc, c’est magnifique.

Sans presque nous en rendre compte, nous avons rejoint Bénouville. La Manche à main gauche et champs de lins ou pâturages à main droite. C’est toujours le GR21 qui longe le littoral en direction de Fécamp et de Dieppe que l’on devine au loin.


Le petit hameau de Bénouville n’est pas dénué de charme. Avis aux amateurs de calme, ici vaches et chevaux semblent plus nombreux que les habitants  !!

… et en ville on fait quoi ?

Je vous ai assez peu parlé de la ville qui est pourtant charmante avec ses maisons à colombages, l’église ou bien encore le marché couvert. Le bâtiment est magnifique. Il a été construit en 1926 et avec son petit clocher et des poutres en bois sculpté on le croirait vieux de plusieurs siècles. Il est hélas rempli de boutiques à touristes achalandées de produits importés d’Asie : misère !!

A voir également, les jardins d’Etretat, dans l’ancienne propriété d’une actrice célèbre au début du XXème siècle. Avec une vue imprenable sur la ville et la falaise Aval, ce jardin a tout d’un lieu enchanteur mais nous sommes rentrés trop tard de nos randonnées pour pouvoir profiter de ce jardin féérique mixant art contemporain et art paysager.

Où dormir avec un Van à Etretat ?

A Etretat, le stationnement des van et camping-car est très réglementé. Il y a des parkings de jour et aucun coin sauvage autorisé près de la ville alors nous avons posé Elvis (notre van aménagé) au camping municipal. A un peu plus d’un kilomètre du centre ville, de taille réduite, il est très calme. Les emplacements sont spacieux et arborés. Ce camping est particulièrement bien géré et je ne sais pas si c’est usuel ou l’effet COVID mais les sanitaires étaient comme l’accueil : impeccables.
Tarif : 13,05 par nuit pour 2 personnes.

On a évité les restaurants mais je vous recommande deux boutiques découvertes au gré de nos flâneries dans les petites rues :

  • un pâtissier chocolatier qui fait des merveilles, les Chocolats Hautot !!
  • Et une boutique La mer à boire dans laquelle on a trouvé quelques produits locaux, surtout des cidres et des biscuits. On y a aussi découvert le pommeau, un mélange de cidre et de calvados si j’ai bonne mémoire !

Voilà pour notre premier week-end en Normandie. Nous étions partis tout la haut, remplis d’espoir, confiants en les flots … pour faire du paddle (clin d’œil à la chanson l’oiseau blanc). Vraiment cela n’aurait pas été raisonnable. La Manche n’était pas déchainée (spectacle que nous aurions bien aimé voir d’ailleurs) mais vraiment très houleuse. Pas la moindre embarcation n’est sortie à l’eau ce week-end là …

Critiques littéraires Culture

Une évidence (Agnès Martin-Lugand)

Je viens de lire mon premier roman d’Agnès Martin-Lugand. Vous savez, c’est l’auteure du best-seller « Les gens heureux boivent du café »; complètement hors de ma zone de lecture habituelle !! Partie pour acheter le dernier roman d’Isabelle Carré (on va en reparler) dans une librairie indépendante de Saint-Malo ce livre présenté avec un petit mot du libraire « Saint-Malo au cœur » m’a interpelée. C’était l’appel de la lecture locale !!

Ne jamais dire jamais !

Même si j’ai lu infiniment de bien de l’auteure, je boude ce genre de lecture. Je suis une snob de la littérature (je l’avoue) et j’ai bien tort car ce livre, je l’ai dévoré sur place !!

Dans ce roman, les lieux ont leur importance, je dirai même que la Ville de Saint-Malo y tient une place à part entière. Saint-Malo intra-muros, ville dans la ville, cité mystérieuse qui colle parfaitement au personnage central. Reine, la quarantaine en apparence épanouie cache un secret depuis 17 ans. Un secret qui va voler en éclats et remettre en cause la vie de l’héroïne. Reine est associé à Paul qui est aussi son meilleur ami. Leur parcours professionnel est une réussite et dans cette vie, il n’y a de place que pour son travail et son fils Noé. Quand une mission la conduit vers la ville aux remparts sa vie va basculer.

Un page-turner addictif et émouvant

Je ne vous en dirai pas plus et ne cherchez surtout pas à en savoir davantage. Laissez-vous porter par tous les petits détails qu’ Agnès Martin-Lugand sème dans son livre, comme autant de petits cailloux blancs sur un chemin bien agréable à parcourir. Les personnages sont soignés, jamais caricaturaux, humains avec leurs failles et leur fragilité. C’est une histoire d’amour qui fait rêver (mon côté midinette) ancrée dans une vie quotidienne qu’on a envie de partager. Déguster du rhum aux arômes envoutants enivrants, sentir le café fraichement torréfié, partager un verre de vin, pleurer, rire … je signe pour tout … sauf pour les cigarettes et les nuits sans sommeil.

Au coeur des relations humaines, en quête de l’intime

J’ai trouvé que les dialogues sonnaient justes et les balades dans la vieille ville de Saint-Malo fouettée par les vents et la pluie m’ont procuré une irrésistible envie d’y repartir. Alors certes, faute d’être un immense moment de littérature, ce voyage sentimental rempli de turbulences est un roman feeling-good. Certains passages sont trop édulcorés à mon goût, la fin est convenue (Une évidence !!)  mais de temps en temps, ce genre de lecture fait vraiment du bien !

Une évidence
Agnès Martin-Lugand
Format poche aux Editions Pocket
408 pages
En France

Impossible (Erri De Luca)

Un très beau roman philosophique !!

Quel plaisir de retrouver Erri de Luca, son style puissant et dépouillé et des réflexions philosophiques sur la vie et la montagne !

L’histoire tient en quelques mots. Un homme d’un certain âge marche sur un sentier abrupt en haute montagne. Un autre homme est retrouvé mort dans le même secteur. Est-ce une simple coïncidence ou un meurtre savamment orchestré ?

Placé en détention, notre principal protagoniste se livre à une joute verbale avec un jeune magistrat. Leurs échanges sont prétextes à des réflexions sur la montagne, la vie, l’amitié, les engagements ou la perte des idéaux.

L’amour, l’amitié et l’engagement politiques sont des thèmes chers à Erri De Luca qui dans ce court roman offre au lecteur une position de spectateur privilégié au jeu du chat et de la souris. Le récit est tendu, les dialogues avec le juge sont d’une implacable froideur qui parfois m’a presque semblé théâtrale et les lettres adressées à Amoremio sont des pauvres poétiques bienvenues.

Ce ne sera pas mon livre préféré de l’auteur mais lisez ce court roman à la fin surprenante !!

Merci aux Editons Gallimard et à Babelio pour l’envoi de ce livre de la rentrée littéraire 2020.

Impossible
Erri de Luca
Editions Gallimard du monde entier
176 pages

Critiques littéraires Culture

Bonjour tristesse (Frédéric Rébéna) – BD

L’adaptation de classiques en bande dessinée attise toujours ma curiosité. Je revisite le livre et parfois cela lui donne une seconde jeunesse. Autant vous dire que pour Bonjour Tristesse, ma curiosité était immense !!

Bonjour Tristesse en quelques mots

Eté 1954, Cécile a 17 ans. Elle passe l’été sur la côte d’Azur avec Raymond, son père veuf et Elsa, la dernière maîtresse en date de ce dernier à peine plus âgée que Cécile. La jeune lycéenne et son père ont une relation fusionnelle et pour Cécile, cet été se déroule entre ennui et plaisirs d’adultes. L’arrivée d’Anne, une amie de sa mère décédée bouleverse les habitudes de cet insouciant trio. Anne est une femme cultivée, stricte et moralisatrice. Cécile flirte avec un étudiant de 25 ans et Elsa tente de maintenir sa relation avec Raymond. Atour de Raymond, un jeu cruel s’installe entre les trois femmes …

L’oeuvre de Sagan en BD ça donne quoi ?

Frédéric Beigbeder qui a préfacé cet album disait appréhender l’adaptation. De mon côté, je craignais la subjectivité de l’auteur ET l’adaptation du livre de Françoise Sagan.

Ce que j’en pense ? Frédéric Rébéna réussit à ne pas trahir l’esprit et l’ambiance du roman. Les personnages sont élégants, même dans les situations les plus cruelles, la côte d’Azur et ses décors de rêve sont croqués avec beaucoup d’esthétisme dans un style épuré, très années 50.

Côté dessin, les personnages sont bien croqués, toujours avec une cigarette ou un verre à la main, version un peu sexy ! Petit bémol avec ce qui pour Sagan était de la désinvolture devient parfois de la superficialité !

Les bulles sont fidèles au texte original, ça se lit agréablement mais « mon p’tit chat », ce n’est pas du Sagan !!

En conclusion, cette bande dessinée restera un joli moment de lecture, fugace et esthétique comme une volute de cigarette peut l’être !

Bonjour Tristesse
Frédéric Rébéna
Editions Rue de Sèvres
104 pages
En Béarn En France Sud-Ouest

Randonnée au pic d’Anie

Dans les Pyrénées béarnaises, le pic d’Anie est le premier sommet qui dépasse les 2500 mètres en partant de l’océan atlantique. Le pic est à cheval sur les vallées de Barétous et d’Aspe. Le départ est possible de Lescun (refuge de Labérouat) mais nous avons choisi de faire la randonnée depuis la Pierre Saint Martin.

Départ de La Pierre Saint Martin : 1642m

Avant de partir à l’ascension du Pic d’Anie, il n’est pas inutile de prendre quelques précautions. De bonnes chaussures (le terrain est très rocailleux) et un coupe-vent sont le minimum. Je vous conseille de prévoir au moins 2 litres d’eau car vous ne rencontrerez aucune source d’eau sur ce parcours. D’autre part, chapeau, lunettes de soleil et crème solaire sont également obligatoires car dans cet environnement minéral, vous ne trouverez pas une once d’ombre.  Pour finir, comme sur beaucoup de randonnées, il vaut mieux partir de bonne heure.
J’espère ne pas vous avoir découragé, ce serait dommage ! Vous avez tout ?
Allez, on est partis !

Le départ se fait tranquillement de la station en direction du col du Pescamou (Sud-Ouest), la destination en ligne de mire. On rejoint le GR10 en passant sous les télésiège des Sapins que l’on suit à gauche. On aperçoit déjà le pic d’Anie et on sera au sommet dans 3 heures à peu près !


Les façons d’atteindre la cabane du Pescamou sont multiples. Nous avons pris le boulevard de Pyrénées mais il est possible de longer la piste du Pescamou ou de partir en direction de l’Arlas  … chacun fait à sa guise.

Col du Pescamou : 1918m, on suit le balisage rouge et jaune

Attention, au col du Pescamou, les horaires indiqués sur la borne sont incorrects. Il est écrit 1h30 pour atteindre le sommet, il en faut une de plus et sans traîner. Certains trouveront que je chipote mais point du tout ! Avis donc aux aventuriers de l’après-midi qui pourraient être tentés d’atteindre le sommet en une petite heure à un moment avancé de la journée ! Le brouillard tombe bien vite ici et cela pourrait se révéler dangereux … mais par beau temps et à une heure plus matinale, tout va bien se passer !

Au col du Pescamou, bifurquer vers la gauche et suivre les balises rouges et jaune jusqu’au col de Boticotch. Après le col, à l’embranchement deux options s’offrent à vous ; partir à gauche vers le col des Anies ou tout droit ! Nous avons choisi la seconde, en direction du Pourtet.

N’oubliez pas de vous retourner pour avoir une magnifique vue sur le pic d’Arlas !!

Les arres d’Anie, un paysage karstique

Le paysage ici est magnifique … les montées deviennent un peu plus raides mais rien de bien insurmontable. Les cairns sont nombreux, le chemin est facile (surtout que l’été cette randonnée est assez fréquentée !).

On pénètre ensuite dans la zone des arres d’Anie, cette zone lunaire faite de lapiaz. Certains passages sont un peu techniques mais les mains suffisent pour s’agripper. Un petit canyon nous sert de repères, il y a quelques névés et face à nous, le pic d’Anie nous attend. ll suffit ensuite suivre les traces (rouges) et les cairns pour contourner les falaises abruptes du pic d’Anie. L’ultime partie se fait face sud, sur un sentier un peu raide mais bien tracé et sans difficulté majeure.

De là haut, le panorama est splendide. Par temps très dégagé on distingue Oloron-Ste-Marie, Pau ou les cheminées de Lacq et sur les hauteurs, le pic de Soum-Couy, les Orgues de Camplong, le Pic du Midi d’Ossau, le Pic d’Orhy … et même le Mont Perdu. Effectivement, ces paysages à perte de vue sont à couper le souffle !!


L’air heureux … j’ai un peu souffert du vertige à enjamber les crevasses (petites) dans les arres d’Anie mais vraiment, ça valait le coup de se surpasser !

La descente avec une petite variante et beaucoup de vigilance !

Le retour se fait presque sur le même chemin. Au bout de 250 mètres de descente se diriger face au pic de Soum-Couy en longeant la falaise. Cette variante nous a fait passer par deux petites cheminées qui sont sans difficulté.  A la sortie du pierrier, ne pas se tromper à la bifurcation : tout droit c’est vers Labérouat (retour vers Lescun). Le retour peut néanmoins se faire par le col des Anies ou tout droit par les arres d’Anie.

Nous avons pris la seconde option et ce n’est pas la plus simple. La chaleur, la fatigue de la matinée et un terrain accidenté invitent à la concentration. Il y a des cairns partout, les traces rouges ne sont pas toujours visibles et nous avons été induits en erreur à plusieurs reprises. Nous n’étions pas les seuls à devoir rebrousser chemin ! Certes, on finit toujours par redescendre mais le lapiaz est un piège qui peut très vite se révéler inquiétant. Cette randonnées est d’ailleurs interdite par temps de brouillard car ce massif s’apparente à un immense gruyère fait de galeries et de gouffre.

Au retour, au niveau du col de Boticotch être vigilant pour repérer le balisage jaune et rouge peint sur la paroi verticale (à main gauche). Le sentier vous ramènera au col du Pescamou et à partir de là, tout sera plus simple, le retour vers la station est facile mais long et nous étions ravis de retrouver de l’eau laissée dans la voiture !!

Informations pratiques :

 

INFOS PRATIQUES :
Depuis Oloron-Ste-Marie, prendre la direction La-Pierre-St-Martin (compter 45 minutes depuis Oloron) et stationner au pied des pistes (en été, l’affluence n’a rien à voir avec l’hiver).

Niveau : difficile (le lapiaz n’est pas facile et cette randonnée est à faire impérativement par GRAND beau temps !)
Distance :  15 km
Dénivelé : +1100m
Point haut
: 2504m
Point bas :1642m
Durée  : 6h30 à 7h00 en prenant le temps. Certains guides annoncent 5h00, cela nous semble assez fallacieux. Nous avons mis 7 heures, avec pas mal de photos mais une pause casse-croute rapide !

Critiques littéraires Culture

Kim Jiyoung, née en 1982

Voilà un livre qui a enflammé les réseaux littéraires en ce début d’année.  Même si je ne partage pas totalement cet engouement j’ai bien apprécié cette lecture sur la difficulté de naître femme en Corée dans les années 80.

Kim Jiyoung, 35 ans, femme ordinaire

Kim Jiyoung est née en 1982 et on la suit jusqu’en 2017, soit 35 ans de discriminations, d’humiliations et parfois même de mépris. Enfant, elle et sa soeur doivent se priver pour leur petit frère élevé comme un roi. Comme dans toutes les familles, la mère de Kim Jiyoung sous des apparences modernes élèvera son unique fils en lui accordant prérogatives et préférences. Dans un pays où il est fréquent que les filles travaillent pour financer les études d’un frère, Kim Jiyoung et sa soeur se battront pour faire les leurs. En fin de compte, trouver un premier emploi et exister dans un univers masculin sera la poursuite de ce parcours du combattant jusqu’à ce que im Jiyoung ait à son tour un enfant …

Je ne vous en dit pas plus. Ce roman vite lu est un un manifeste accablant sur la prédominance masculine en Corée du Sud . Une immersion dans un pays où la place des femmes est réduite à celle de mère … et d’un fils c’est mieux !

Loin des paillettes de la pop culture sud-coréenne

L’auteure, Cham Nam-joo, dresse un constat cinglant sur les inégalités homme/femme dans une Corée du Sud au système patriarcal. Un pays avec des traditions ancrées depuis des millénaires. A bien y réfléchir, ce schéma peut se transposer dans énormément de pays (les différences de salaire, la charge des enfants, les tâches ménagères, les congés maternité/paternité …).

Je n’ai pas saisi la subtilité de l’astuce de narration (d’ailleurs je ne suis pas contre quelques explications ?) faisant emprunter à Kim Jiyong la voix de sa mère dès le début du roman.  A la limite, peu importe. La romancière réussit parfaitement à trouver l’équilibre entre l’aspect presque journalistique et la fiction. Le récit (fortement autobiographique sans doute) est émaillé de nombreux chiffres (qui montrent) et de statistiques (qui démontrent). Le côté romancé permet à Nam-Joo Cho d’introduire un peu d’humour et l’ensemble est écrit avec une certaine neutralité.

Un lente évolution de la condition de la femme en Corée du Sud

Le style est direct et fluide, léger mais efficace et même si ce n’est pas une grande oeuvre littéraire on s’attache au personnage de Kim Jiyoung. L’auteure réussi à éviter l’écueil du pamphlet ultra féministe ! En définitive, l’émancipation des femmes a fait des progrès en Corée ces dernières années mais le chemin est encore long !

Tout bien pesé, ce livre mérite d’être lu !

Kim Jiyoung, née en 1982
Nam-Joo Cho
216 pages 
Éditeur : EDITIONS NIL 

A vélo En France Escapades

La Vélodyssée de Brest à Hendaye (ou presque) : le bilan

La Vélodyssée, c’est un itinéraire d’un peu plus de 1 200 km de pistes cyclables et petites voies partagées. C’est la partie française de l’Eurovélo 1 également dénommée « route du littoral Atlantique ». L’itinéraire complet, un peu plus de 8000 km, relie le Cap Nord en Norvège à Sagres au Portugal, un rêve pour moi puisque S. a déjà fait un tour d’Europe en solo de son côté !

Notre objectif était de faire tout le littoral Atlantique en une seule itinérance mais le parcours est modulable à envie !

L’itinéraire que nous avions prévu empruntait le canal de Brest à Nantes, puis longeait la Loire jusqu’à Saint-Brévin avant de rejoindre l’Océan Atlantique que nous avons suivi jusqu’à Bayonne. C’est presque arrivés à Hendaye que nous avons abandonnée la Vélodyssée pour rentrer en Béarn. Au final, nous avons traversé 10 départements : Finistère, Côtes-d’Armor, Morbihan, Ille et Vilaine, Loire-Atlantique, Vendée, Charente-Maritime, Gironde, Landes et Pyrénées Atlantiques, 3 régions et parcouru presque 1500 km en 20 jours de voyages !

La Bretagne à vélo

Pour nous tout a commencé à Brest que nous avons rejoint en avion. C’était vraiment très facile, et bien moins compliqué que de voyager en train.

Dès le début du voyage, la Bretagne nous a offert de merveilleux paysages mais on a aussi souffert. La région est vallonnée et les côtes vraiment raides … systématiquement suivies d’une sacrée descente. Entre le dénivelé et les conditions climatiques dantesques, les premiers jours ont été rudes.

Le Canal de Nantes à Brest, le vélo paisible

Dès que nous avons rejoint le canal de Nantes à Brest, tout est devenu bien plus simple ! Carhaix, Pontivy, Josselin, Malestroit, Redon, Blain … de villes médiévales en abbayes ou châteaux en passant par des forêts majestueuses, on en a pris plein les yeux. La piste le long du canal est en parfait état, les occasions de faire une pause ne manquent pas.  Chacun peut y aller à son rythme et pour nous, cette première semaine a été fabuleuse et c’est avec un petit pincement au cœur que nous avons quitté le canal de Nantes à Brest à Nort-sur-Erdre.

Nantes et un peu de l’Eurovélo 6, « La Loire à vélo »,

Nous avons passé une journée à Nantes et c’est bien peu, juste de quoi nous donner l’envie d’y revenir tant la ville nous a semblé belle et dynamique. De la cité Nantaise à Saint-Brévin, nous avons emprunté l’Eurovélo 6 et une partie de itinéraire « La Loire à vélo » jusqu’à l’estuaire, le pont de Saint-Nazaire en ligne de mire. Ici, tout est conçu pour le cycliste voyageur. Campings en bord de piste, ateliers vélos, gîtes … et les nombreuses familles que nous avons croisées ne s’y sont pas trompé.

A partir de Nantes, nous avons choisi tous les itinéraires bis, c’est à dire ceux qui longeaient vraiment la côte de Jade et on n’a jamais regretté. L’arrivée à la pointe Saint-Gildas était magique, même sous la pluie. Pornic est une cité balnéaire très prisée dont nous n’avons pas pu profiter tant il pleuvait mais la route de la corniche panoramique restera un des plus beaux paysages … mais en fait, on a  tout trouvé magnifique !!

Notre coup de coeur dut la Vélodyssée : la Vendée

Du Pays de Retz au Pays de Gois, de la côte de Jade à la côte de Lumière les paysages n’ont rien à voir avec la côte landaise. Abruptes, les côtes sombres se découpent telle de la dentelle et le contraste des couleurs entre l’océan vert pâle, le ciel gris, la roche noire, le sable rose est saisissant. On se serait crus en Irlande (sans doute à cause du mauvais temps) et aucune photo ne rend hommage aux étendues que nous avons traversées.

L’immersion à 100% dans le marais breton vendéen nous a ensuite surpris à coup de grandes lignes droites, la plus belle de toutes étant sans doute le passage du Gois pour rejoindre l’île de Noirmoutier. Nous pensions ensuite que ce serait les Landes que nous connaissions bien mais c’était oublier la Vendée, le département du vélo ! Tous est fait ici pour le cycliste. Pistes au revêtement impeccable, balisage au cordeau on a presque regretté de filer aussi vite : La Barre-de-Mont, Saint-Jean-de-Monts, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Les Sables d’Olonnes … on est arrivés à La Rochelle sans même nous en rendre compte … enfin presque !!

La Vélodyssée de retour dans les Landes, tout droit vers le sud

« Presque » car l’étape entre Jard-sur-Mer et La-Rochelle, en plein marais poitevin fait de lignes droites sans fin, de paysages desséchés et le vent de face nous a laissé des traces. Du coup nous avons rejoint Royan en train (je sais c’est tricher) puis avons traversé l’estuaire de la Gironde, laissant derrière nous les derniers carrelets, ces jolies cabanes de pêcheurs qui nous accompagnaient depuis la sortie de Nantes, pour rejoindre la Pointe de Grave.

De Soulac au Cap-Ferret, de la dune du Pilat à Mimizan, de Contis à Hossegor la traversée des Landes s’est muée pour nous en un pèlerinage familial.  Nous avons enfin pu profiter un peu des plages de sable fin avant d’entamer la dernière ligne droite du voyage et de quitter la Vélodysée à Bayonne pour une ultime étape en direction du Béarn. La majeure partie de cet itinéraire se fait en pleine foret mais n’allez pas croire que c’est ennuyeux et plat … vous seriez surpris !

La Vélodyssée de Brest à Bayonne étape par étape

Jour 1 : La Bretagne à vélo, de Brest au Faou
Jour 2 : La Bretagne à vélo, du Faou à Châteauneuf-du Faou
Jour 3-4 : La Bretagne à vélo, de Châteauneuf-du Faou à Pontivy
Jour 5 : La Bretagne à vélo, de Pontivy à Malestroit
Jour 6-7 : La Bretagne à vélo, de Malestroit à Nantes
Jour 8-9 : La côte Atlantique à vélo, de Nantes au Pornic
Jour 10-11 : La côte Atlantique à vélo, du Pornic à Jard-sur-mer
Jour 12 à 19 : La côte Atlantique à vélo, de Jard-sur-mer à Bayonne
Jour 20 : de Bayonne à Moumour en Béarn

Ce qu’il faut savoir avant de partir en voyage à vélo sur la Vélodyssée – infos pratiques

Comment est la signalétique sur la Vélodyssée ?

La Vélodyssée en voie dédiée est très bien signalée. Dès que l’on quitte la piste cyclable ou quand on traverse les villes, il faut être très vigilant, le marquage est parfois simplement matérialisé au sol … voire pas du tout. En Bretagne, de Brest à Plougastel le balisage Véloroute n°5 est parfois aléatoire et on s’est perdu deux ou trois fois (et chaque écart compte double dans ce coin vallonné !). Dès qu’on longe le canal c’est plus facile, les bornes de pierre jonchent le tracé tous les kilomètres, impossible de se perdre ! Le Vendée est le département le mieux balisé, ça change un peu quand on arrive dans les Landes mais comme c’est tout droit, peu de risque de se perdre !

Est-ce que faire la Vélodyssée est facile ?

Faire un voyage au long cours ce n’est pas un exploit, je le répète. Le voyage à vélo c’est l’exemple même sur slow-travel, la vitesse moyenne est de 10 km/heure et si on tient compte des arrêts multiples c’est effectivement le cas.
Sur la Vélodyssée, la majeure partie de l’itinéraire est facile, surtout sur les chemins en bordure des canaux.  Le dénivelé est quasi nul, à la limite il y a quelques zones de faux-plat. Par contre, certaines parties en Bretagne sont plus exigeantes. Entre Plougastel et Port-Launay, les reliefs demandent quand même une bonne condition physique, surtout avec des vélos chargés. Même surprise dans les Landes, surtout à la sortie d’Arcachon, certaines portions affichent une pente de 10% et cela surprend et pour ceux qui iraient jusqu’à Hendaye, il est évident que le pays basque vous promet quelques grimpettes !
Le reste de l’itinéraire est vraiment accessible à tous. Au bord du canal de Nantes à Brest et en bord de Loire, nous avons croisé énormément de voyageurs à vélo en famille. Beaucoup moins en allant vers le sud et plus du tout dans les département des Landes !! Attention à la portion Boucau-Bayonne, en voie partagée sur une route à forte circulation, cela mériterait bien un coup de gueule car la piste s’arrête d’un coup propulsant le voyageur en bordure d’une route très fréquentée !

Quel budget pour la Vélodyssée ?

Pour nous, le budget tout, tout, tout compris a été de 1600 euros (pour 2 personnes) pour les trois semaines et on ne s’est privé de rien : un pique nique par jour, petit déjeuner à la tente ou en chambre d’hôtes et restaurant le soir (oui, ce sont nos vacances quand même). Si on ajoute le billet d’avion pour l’aller, on arrive à 2000 euros et j’ai tout noté, même le moindre café !!

Cela fait un budget moyen de 50 euros par jour et par personne, sachant que côté hébergement, plus on descend vers le sud et plus c’est cher ! Notre premier camping nous a couté 0€ (aire de camping-car du Faou), puis 8€, 10€ … et c’est monté à 35€, pour 2 vélos et une tente mais haute saison oblige et heure tardive on n’a pas fait les difficiles.
Il est aussi utile de préciser que cela été un peu faussé par les quelques nuits en hôtel ou chambre d’hôtes en raison d’une météo peu favorable au camping !

Où dormir sur la Vélodyssée ?

Les solutions d’hébergement sont multiples le long de la Vélodyssée. Campings, chambres d’hôtes ou gîtes sont mentionnés par des petits panneaux. Les hôtels avec accueil vélo sont également nombreux mais cela impose parfois de s’éloigner un peu du parcours.

Nous étions partis en totale autonomie avec une tente, un réchaud et un minimum de vaisselle (surtout pour le petit déjeuner). Nous ne planifions jamais à l’avance notre étape, estimant que cela revient à entraver notre liberté. Côté Bretagne, en arrivant au camping vers 18 heures nous n’avons jamais eu de souci, sauf au Pornic et à Nantes. En descendant vers le sud par contre, c’est plus problématique alors nous appelions vers 15 heures pour réserver une place et jamais cela ne nous a été refusé. Les campings municipaux sont les plus souples pour cela.

Dans les guides (voir ci-dessous) , les lieux d’hébergements référencés nous ont été bien utiles mais nous n’y avons eu recours que les jours de très mauvais temps (la tempête en Bretagne et à Arcachon après avoir pédalé 100 km sous la pluie).

Combien de temps pour rejoindre Brest à Hendaye?

20 jours car le but n’est pas de pédaler non stop. On a fait des étapes de 70 à 100 km/ jour avec des pauses plages, des écarts pour rendre visite aux amis ou à la famille et on a pris le temps de faire des visites et des centaines de photos ! Le midi, nous faisions une pause pique-nique et en général nous arrêtions de pédaler vers 18 heures (sauf jours de plage avec petites étapes ou jours de galère pour trouver un hébergement).

Quel vélo pour la Vélodyssée ?

Le vélo le mieux adapté c’est la randonneuse bien sûr ou le VTC. Inutile d’investir dans un vélo exceptionnel, le plus important c’est d’avoir un vélo sur lequel on se sent bien, correctement réglé. Côté équipement indispensable : des sacoches étanches, un éclairage et une bonne selle. Le top-case à l’avant est très pratique pour ranger ce qui nous est utile en permanence (portefeuille, téléphone, guide …).
Le Vélo à assistance électrique sera très bien pour les familles avec remorques où pour les moins sportifs mais n’est pas du tout adapté au voyage tel que nous l’entendons. Une batterie à recharger cela se prévoit et ce d’autant plus que la charge dure des heures, chacun son concept du voyage à vélo mais il faut y penser.

La sécurité sur la Vélodyssée ?

Plus de 80% du tracé est en voie dédiée donc pas de souci de ce côté là. Par contre, à l’approche des stations balnéaires, en plein été la fréquentation des pistes est très dense. Il y a énormément d’enfants, des piétons, des coureurs, des cyclistes de route pressés (ce sont les pires !!). On croise aussi ceux qui ne font du vélo que pendant les vacances et bafouent les règles élémentaires du code de la route et il faut être très vigilant sur ces portions ! A contrario, en Bretagne, nous avons pédalé des kilomètres sans croiser âme qui vive !!
Ne pas oublier le gilet jaune (on le pose sur le paquetage arrière) pour être visible, le casque se fait vite oublier et ne tient pas si chaud alors inutile de prendre des risques. La lumière est indispensable, on n’a parfois besoin de bouger le soir ou le matin de bonne heure.

A quelle époque partir sur la Vélodyssée ?

Même en été le beau temps n’est jamais garanti, nous en avons fait l’expérience.  La période idéale reste à mon sens entre mai et octobre, surtout si l’on doit camper !

La vélodyssée avec quel guide ?

Les guides Chamina éditions sont les mieux faits. Difficile d’être 100% à jour niveau hébergement mais pour localiser campings, chambres d’hôtes ou hôtels avec accueil vélo, ce guide est parfait. Le guide est particulièrement utile en ville pour le détail des itinéraire. Pour ce périple, nous en avions deux, La Bretagne à Vélo et La côte Atlantique à Vélo.

N’hésitez pas à poser vos questions, j’y répondrai avec plaisir !!

Critiques littéraires Culture

Nos espérances (Anna Hope)

Anna Hope a fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature romanesque avec « le chagrin des vivants » et « La salle de bal » mais c’est avec « Nos espérances » que je découvre cette romancière britannique.

« Elles ont encore la majeure partie de la vie devant elles. Elles ont fait des erreurs, mais rien de fatal. Elles ne sont plus jeunes, mais ne se sentent pas vieilles. La vie est encore malléable et pleine de potentiel. L’entrée des chemins qu’elles n’ont pas empruntés ne s’est pas encore refermée. Il leur reste du temps pour devenir ce qu’elles seront ».

Hannah, Cate et Lissa sont amies de longue date, deux d’entre elles se sont rencontrées à l’école, la dernière à l’université. Jeunes étudiantes dans les années 90, elles cohabitent dans une magnifique villa victorienne de Londres. Elles sont belles, vivantes, impétueuseset pleines d’espoir et de rêves quant à leur avenir. On les retrouve en 2010, chacune ayant évolué dans des directions différentes mais toujours amies avec leurs espérances et la confrontation avec les réalités de la vie en tant que fille, mère, amante ou épouse. Une amitié dont la bienveillance s’émousse, l’insouciance ayant cédé la place à l’amertume et à la jalousie, chacune enviant à l’autre ce qu’elle n’a pas réussi à avoir, mais justement peut-on tout avoir ?

Le récit n’est pas linéaire, la construction est subtile, les retours sur le passé venant éclairer le présent mais ce ne sont pas de simples aller-retour.  Anna Hope fragmente habilement les étapes de la vie des trois amies, exposant leurs forces et fragilités, leurs différences.  Chaque femme peut retrouver un peu de son existence dans ces vies faites de hauts et d bas, de faux-espoirs, de déceptions ou de rendez-vous manqués.

Un joli livre, parfait pour une lecture estivale !

L’auteure tisse avec délicatesse et grâce les liens d’amitiés au fil du temps. Elle explore les multiples facettes de la féminité, le bilan de la trentaine bien entamée, les illusions perdues et les ambitions anéanties. Le tableau n’est pas idyllique, l’histoire en elle même n’a rien d’exceptionnel.  On frôle parfois les clichés mais Anna Hope sait nous rendre ses héroïnes proches, presque intimes. Elles ont toutes des aspirations différentes. La palette de l’expression des sentiments est étendue et le regard que jette l’auteur est juste.

Un joli livre sur une amitié sacrément bousculée par les épreuves, les déceptions ou les trahisons avec lesquelles il faut s’accommoder. Un roman sur la sororité, ce terme tellement à la mode !
L’écriture est délicate et Anne Hope décrit avec réalisme et nuance les attentes, les blessures et les émotions de ces trois amies.  Même si l’histoire réserve bien peu de surprises, j’ai beaucoup aimé ce récit de vie.

Une lecture séduisante pour les vacances !

Nos espérances
Anna Hope
Editions Gallimard
368 pages
(Traduit de l’anglais par Elodie Leplat)