Humeurs

Instagram stop ou encore ?

J’ai un compte Instagram depuis 2011 … c’était l’époque des photos du quotidien, toutes dans un format carré et même la plus moche pouvait devenir digne d’intérêt embellie avec un filtre (ci-dessous ma salle de bains en travaux, les poubelles de ma rue … et les pieds, qu’est ce qu’on a pu se photographier vu d’en haut !!!) j’ai l’impression que c’était il y a mille ans !
Vous vous en souvenez ?

9 ans plus tard, nous sommes bien loin du « réseau des familles et des copains ».

Instagram, Un peu d’histoire

L’application créée en 2010 était à usage exclusif des possesseurs d’un IPhone et très rapidement le nombre d’utilisateurs a explosé. Le service IG devient vite le repaire de célébrités puis ce sont les entreprises qui y voient un efficace moyen de promotion de leur activité.

En 2012, l’application est ouverte aux Androids puis rachetée par Mark Zuckerberg. La plateforme Facebook évolue et s’inspire d’Instagram pour intégrer des fonctionnalités similaires dans son réseau social. A cette époque, Instagram n’intégrait pas encore la fonction de « Storie », c’est n’est venu qu’en 2013 et aujourd’hui le réseau a pratiquement pulvérisé Snapchat.

Puis nous entrons dans l’ère des influenceurs et de leurs communautés. Le nombre de vidéos explose et avec elles les codes promo à gogo. Instagram est devenu le royaume des influenceurs, des annonceurs et des marques.

En 2016, c’est la naissance d’IGTV qui permet de stocker des vidéos d’une durée plus longue (1 heure maximum si tu as le statut de « créateur », 10 minutes pour tous les autres usagers). le nombre d’utilisateurs mensuels frôle le milliard.

Aujourd’hui, si tu ne veux pas que l’algorithme t’oublie et que les « amis » voient le flux de tes publications, tu as plutôt intérêt à être actif en story. On ne contente plus de consommer du contenu, on en crée tous et Instagram est devenu la plus grade plateforme d’expression des jeunes (et des moins jeunes 😉 !)

Le confinement et Instagram

Pendant les semaines de confinement, le temps d’audience et le temps passé par chacun sur le réseau a explosé, créant même des frustrations pour ceux qui travaillaient (et surtout pour ceux qui bossaient encore plus que d’habitude).

Les « Lives » ont explosé, tant en matière de production que de consommation. Influenceurs et créateurs ont investi davantage de temps en préparation et le « consommateur » en temps d’écoute. Les premiers donnaient de leur personne pour divertir leur communauté en cette période anxiogène et les autres étaient ravis de se détendre faute de pouvoir le faire physiquement avec leurs proches. C’était aussi un excellent moyen d’engager les gens à rester chez eux #ensembleàlamaison #restezchezvous, jusque là rien à dire !

J’ai donc fait du sport, médité, écouté des pseudo-conférence sur des thèmes divers alors que d’autres enchainaient les rendez-vous artistiques, DIY, musicaux, e-learning, culinaires … que sais-je encore. On a pu poser des questions pour inspirer tout ce petit monde (en quelques caractères, il ne faut pas être trop bavard), avoir des réponses (ou pas) et finalement c’était intéressant toutes ces interactions et puis le live apporte quand même une certaine forme de naturel et d’authenticité et ça aussi c’était chouette !

Le rythme des publications était intense pour certains et leur régularité louable. Tous les soirs j’attendais ma séance de méditation ou mon live de sport comme j’aurais pu me brancher sur ma station de radio favorite à une heure bien précise, ces rendez-vous cadraient mes journées de télétravail (et même mes week-ends) et ça m’allait plutôt bien.

Je constate quand même aujourd’hui que mon nombre d’abonnement a explosé et le temps passé sur mon smartphone proportionnellement, grignotant par la même de mon temps de lecture chaque soir car je ne voulais pas perdre une miette de tout ce qui était mis à disposition. La cadence était devenue infernale pour moi aussi, on parle bien d’addiction là  … mais je me soigne !

Le déconfinement et Instagram

Avril a passé et début mai la perspective du déconfinement, même progressif s’est profilée. La prise de parole des influenceurs et autres business-instagrammeur a commencé à évoluer.

J’ai reçu de plus en plus de messages ciblés (et pas trop mal ciblés d’ailleurs) avec des techniques de ventes bien rodées : tunnels de vente, webinaires, autopublicité, masterclass, ateliers … et j’en passe ! C’est presque toujours le même schéma : tu viens chercher ton cadeau (le live gratuit, un ebook, 7 jours d’astuces, … ) et ensuite j’essaie de te vendre mon produit à grand renfort de posts, mails et autres relances. Par contre, il faut que tu te décides vite. Vite car cette semaine c’est à moins 20, 30 voire 50% et puis vraiment très vite car aujourd’hui il n’y a déjà presque plus de place … injonction à l’achat d’urgence sous peine de laisser passer la chance de ta vie !

Rien de bien nouveau dans tout cela, ce sont des bonnes vieilles ficelles mise au goût du jour et je peux comprendre que pour certains c’est leur travail mais pour d’autres j’ai frôlé l’écoeurement. La philanthropie a ses limites je le conçois et le fait de dispenser cours de yoga, de danse ou de fitness via une application payante en utilisant des plateformes sélectives était une façon de compenser l’interdiction de cours en salle, là encore, rien de trop anormal (si ce n’est parfois les tarifs).

Là où ça me dérange c’est quand ces demandes, via des posts doublés de stories à répétition viennent de personnes qui des semaines durant ont prôné un monde meilleur, un monde axé sur la solidarité, le partage ou l’échange, le monde de demain que nous bâtirions tous ensemble pour consommer moins et mieux … mais vendre des ateliers en ligne avec une promesse de succès ou d’enrichissement (voire les deux soyons fous) à un montant à trois chiffres, je trouve cela franchement scandaleux !

Instagram est en train de devenir un immense marché en ligne. En France ce sont quelques 30 millions de visiteurs uniques par mois et plus de 10 millions par jour … pas mal pour une application initialement destinée au partage des photos mais pour moi, on est surtout en train d’ouvrir la boîte de Pandore.

Que les choses soient bien claires, je suis bien consciente qu’il faut vivre avec son temps, que le business se fait maintenant en ligne, que c’est un moyen de vente comme un autre voire plus ludique (mais c’est bien là que le bât blesse, consommer n’est pas un jeu) mais il n’empêche qu’avec  tant d’opportunisme, on frôle l’overdose et que parfois cela vire au racket.

C’était mon coup de gueule du jour !

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10 Comments

  • Reply
    Koalisa
    18 juin 2020 at 11 h 04 min

    Merci pour ce recadrage, Laurence . Moi aussi j’hallucine quand j’apprends par exemple qu’il faudrait que je poste mes photos à certaines heures ou qu’elles aient toutes le même filtre pour correspondre à mon « identité visuelle » ! Je crois que je ne serai jamais une influenceuse ! 😀 Bises

    • Reply
      Laurence
      19 juin 2020 at 9 h 58 min

      Nous sommes bien d’accord mais (enfin, je peux me tromper) ce n’était pas non plus notre but de devenir des influenceuses. Moi j’aime partager, c’est une façon sympa de donner des nouvelles, c’était spontané, bon enfant et l’occasion de découvrir d’autres univers mais là, à moins de mettre ton compte en privé, l’algorithme a pris un virage qui me défrise (et y’a du boulot 😉 !!!). Bisous

  • Reply
    Christine Keller
    18 juin 2020 at 14 h 14 min

    Bravo pour ce coup de gueule Laurence! Instagram m’a bien divertie pendant un temps. J’ai joué le jeu mais très rapidement j’ai été happée par le système qui veut que tu publies toujours plus pour ne pas disparaître dans les tréfonds de l’application. Avoir un fil cohérent, harmonieux, publier aux bonnes heures, tout cela a un coût en temps et en énergie démesuré pour un résultat ridicule. Les gens s’arrêtent à peine quelques secondes (et encore) sur ta publication. Je me suis rendue compte que cela me stressait et me rendait finalement totalement asociale pour mes proches.Et comme tu le soulignes, toutes ces pub sont dérangeantes. De plus, Instagram ne te montre que ce qu’il veut bien. J’ai donc jeté l’éponge. Je ne publie plus que quelques stories de temps en temps quand j’en ai envie.
    Bises 🙂

    • Reply
      Laurence
      19 juin 2020 at 10 h 07 min

      et comme tu as raison de t’être libérée … moi je me suis laissée happer par tout un tas de programmes passionnants. Au demeurant rien de gênant puisque c’était mon choix mais quand ensuite j’ai commencé à avoir de plus en plus de posts sponsorisés ça m’a agacée et quand pour terminer ce sont les « prêtresses » d’un monde meilleur, plus doux, plus équitable qui se sont mis à vendre leur parole à prix fort, là ça m’a carrément dégoutée ! Et je ne te parle pas de programmes de coaching en ligne à des prix indécents. Quand comme moi tu te poses plein de question sur ton avenir, c’est affreusement déstabilisant et heureusement je garde les pieds sur terre mais combien d’autres vont acheter de la poudre de perlimpinpin … Bref, je retrouve avec beaucoup de plaisir le chemin de mon blog ça prend peut être davantage de temps mais au final c’est plus gratifiant et c’est MON bébé.
      Plein de bisettes mon amie, et passe un bon we.

  • Reply
    chiffonsandco
    18 juin 2020 at 15 h 17 min

    tout cela est vrai, beaucoup aurait des raisons de se regarder dans une glace parce que leurs actions ne sont toujours en adéquation avec leurs actes mais c’est le cas de beaucoup de monde : ils surfent sur la vague !

    • Reply
      Laurence
      19 juin 2020 at 10 h 10 min

      C’est ça ils surfent sur la vague mais ça m’inspire le même dégoût que tout ceux qui ont surfé sur la vague du bio quitte à en bafouer l’essentiel. Je prends toujours plaisir à suivre mes comptes préférés mais je ralentis mes abonnement donc je sais que ça va me laisser en rade mais tant pis, ça me va bien. Et puis comme en ce moment ce n’est pas facile, il faut que je me libère de ces réseaux bien trop chronophages (voir mon billet sur le confinement). Bises et bon week-end !!

  • Reply
    Mélilotus
    18 juin 2020 at 16 h 04 min

    Carrément d’accord ! Je me suis désabonnée de plein de comptes à cause ( grâce ) au confinement : trop c’est trop et je passais beaucoup trop de temps sur mon téléphone.
    J’aime bien IG encore un peu et je suis consciente de l’utiliser comme une vieille : photo du jour et légende à l’instinct

    • Reply
      Laurence
      19 juin 2020 at 10 h 13 min

      Je l’utilise comme toi (donc comme une vielle, j’adore !!) mais je m’en fous. C’est sympa de faire des rencontres et de tisser des liens, même virtuels certains sont là depuis des années et ça me va bien. Il y a aussi (ouf) énormément de comptes qui ont sur garder spontanéité et modestie sans ne penser qu’au business !!! Bises et bon week-end Nathalie.

  • Reply
    Une Porte Sur Deux Continents
    23 juin 2020 at 3 h 21 min

    Bonjour Laurence,
    Ce billet tombe à point à un moment où je partage tes réflexions plus que jamais. Je passe de moins en moins de temps sur Instagram et ça me fait rarement du bien. En fait, ça m’a rarement fait du bien. J’ai pris plaisir à partager certaines photos. Je n’ai jamais compris pourquoi certaines avaient du succès et d’autres non. Je suis exaspérée par les personnes qui s’abonnent puis se désabonnent. Je suis écœurée par le manque d’authenticité de plusieurs comptes. Du paraître, du faux… Après il y a des comptes comme le tien qui m’inspirent. Mais en ce moment, je ne publie que quelques stories. Je prends du recul. Pour mon blog aussi. Sa ligne directrice s’est encore plus resserrée. J’ai juste envie de faire circuler l’énergie, mais la bonne. Et sur Instagram, cette énergie n’est pas toujours bienveillante. C’est bien triste, mais c’est pas si compliqué de s’en défaire. Passe une belle journée ♥

    • Reply
      Laurence
      24 juin 2020 at 9 h 31 min

      Comme tu le dis si bien, c’est dommage … on va se rattraper sur nos blogs, je retrouve le temps de l’alimenter et j’adore ça !! Bises et bonne journée à toi aussi, je t’embrasse

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