Critiques littéraires Culture

Sale bourge (Nicolas Rodier)

La crasse n’est pas toujours où l’on croit

Le sale bourge c’est Pierre, on le sait dès la première page qui ouvre le roman. A 33 ans, ce fils de bonne famille est condamné à une peine de prison avec sursis pour violences conjugales. Comme il nous présenterait un album photo en livrant des anecdotes, le narrateur raconte comment il en est arrivé là : enfance sévère (la maltraitance n’est jamais bien loin), adolescence rebelle et un mariage qui se termine devant le juge, le lecteur découvre la crasse là où on ne l’attend pas forcément.

« Il y a un tel écart entre nos principes et nos comportements » … bienvenue dans une famille nombreuse, catholique, bourgeoise et versaillaise … autant d’adjectifs qui peuvent sonner comme un pléonasme ! L’envers du décor n’est pas glorieux et le déterminisme génétique touche toutes les classes sociales.

La violence ne fait pas de distinction de classe …

Fait de chapitres très courts, servi par une écriture très simple, le livre se lit vite. Un peu trop vite et un peu trop simple peut-être mais cela sonne juste même si certains passages m’ont semblé un peu caricaturaux (la cohabitation avec les voisins de cellules aux prénoms tous étrangers c’était too much).

Nicolas Rodier ne donne ni n’excuses, ni justifications excessives, mais dresse un constat implacable finalement exempté de jugement et d’émotion … c’est sans doute là que le bât blesse, l’écriture est tellement dépouillée que je suis restée non pas insensible mais pas particulièrement émue non plus.

Une confession au masculin

J’imagine que la part autobiographique de ce premier roman est importante et même si ce livre manque à mon sens de profondeur, il sonne comme une confession. Une confession masculine qui respire la sincérité (c’est rare) dans un milieu privilégié (c’est rare aussi).

J’ai régulièrement pensé au livre d’Edouard Louis « En finir avec Eddie Bellegueule » pendant ma lecture, les règlements de compte étant plus subtils ici mais il est évident qu’aucune classe sociale n’est exemptée de violence.

Livre lu dans le cadre d’une masse critique Babelio, merci aux éditions Flammarions.

Sale bourges
Nicolas Rodier
Editions Flammarion
229 pages

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