Critiques littéraires

La fille qu’on appelle (Tanguy Viel)

La fille, le maire et le chauffeur

Max Le Corre est un ancien boxeur, petite célébrité locale d’une ville de la côte bretonne. Depuis trois ans, Max est le chauffeur de Quentin Le Bars, maire de la commune et potentiel ministrable. Quand Max demande une faveur pour sa fille Laura, cette faveur accordée fait basculer le récit.

La fille qu’on appelle, le maire, le chauffeur, le patron du casino et sa sœur, voilà le casting complet, et parfait, de ce livre magistral.

Un livre qui vous met KO en moins de 180 pages

Fidèle à son style Tanguy Viel ne se pose pas en juge, il dresse un constat implacable des rapports dominé dominant et décortique brillamment cette histoire d’emprise sociale. Ici, la violence est insidieuse, elle n’est pas physique (si on fait abstraction du combat de boxe) mais psychologique et ça fait au moins aussi mal.

Les confrontations sont multiples dans ce roman, et je me suis demandée comment autant de sujets pouvaient être abordés dans aussi peu de pages sans que l’on ait l’impression que ce soir survolé. C’est dense et léger à la fois, et oui c’est possible. Tout est ambigu dans les relations humaines que décrit l’auteur mais il décrit les pensées de chaque protagoniste avec un étonnante limpidité et l‘intrigue tient jusqu’à la dernière page.

Un style littéraire impeccable, une roman d’une grande finesse et d’un intelligence rare. Compromissions, soumissions, dominations, jeux de pouvoirs et autres petits arrangements, la construction est magnifique et le récit est implacable 

Le rythme servi par des phrases ciselées impose au lecteur un tempo qui va crescendo de la première à la dernière page, voici mon premier coup de cœur de cette rentrée littéraire 2021 ! 

La fille qu’on appelle
Tanguy Viel
Editions de minuit
176 pages

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