Je suis Pilgrim (Terry Hayes)

201702 Lecture

Fin 2016, j’ai eu envie de me vider la tête et pour ça, un polar ça tombe toujours bien. Comme je ne voulais pas non plus tomber dans la facilité, mon libraire m’a conseillé « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes et pour le coup, je n’ai pas été déçue.

Je suis Pilgrim c’est un pavé de 900 pages, des personnages en pagaille, un puzzle qui se construit au fil des pages, des montées d’adrénaline, des passages complexes … et, faute de plages de lecture suffisamment longues, il m’a fallu quelques semaines pour le terminer.

Cela commence à New-York, peu après les attentats du 11 septembre. Une jeune femme est découverte assassinée, son corps brûlé à l’acide empêchant toute identification. D’autres meurtres seront commis et Pilgrim (le pèlerin) partira à la recherche d’un terroriste rebaptisé Le sarrazin (le nomade). Voilà pour le fil rouge du livre mais c’est bien loin de se résumer à cela. Comme d’habitude, je n’aime pas en dire trop, chaque chapitre réservant son lot de surprises mais c’est une histoire tout à fait crédible et ça fait froid dans le dos !

Ce roman balaye 30 ans de notre histoire récente. De la menace que les islamistes radicaux font peser sur l’occident en remontant jusqu’à l’invasion russe en Afghanistan et en passant par la guerre en, Irak et même la bande de Gaza, je vous ai prévenu, c’est riche … et complexe. Pour les amateurs du genre, il y a un mélange de Homeland et de 24 heures … passionnant !!

Le livre apporte en outre un éclairage intéressant sur comment un jeune garçon, dont le père a été exécuté sous ses yeux, trouve l’apaisement dans une foi radicale et radicalement anti-occidentale, sur le traumatisme laissé par l’effondrement des Twin Towers, sur la place des femmes dans la religion musulmane … je vous ai prévenu, c’est dense et même si je pourrais déplorer une vision géopolitique un peu trop américaine, il serait dommage de résumer ce livre à un vulgaire roman d’espionnage.

L’autre qu’on adorait (Catherine Cusset) RL2016#6

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Il y a des livres beaux et tristes que l’on lit dans des moments douloureux et tristes. C’est sans doute pourquoi il m’aura fallu autant de temps pour le chroniquer, sans doute celui de le digérer et même d’avoir envie de relire certains passages.

« L’autre qu’on adorait », c’est le dernier roman de Catherine Cusset, auteure que j’apprécie particulièrement. Ce livre n’est pas que roman puisque c’est un hommage à son meilleur ami, Thomas, brillant, drôle, cultivé, jouisseur mais suicidé à 39 ans. Dès le début on sait la fin de vie de Thomas mais au fil des pages, on cherche la fêlure qui a conduit cet étudiant brillant, professeur d’université aux états unis à mettre fin à la spirale de l’échec dans laquelle il s’était embourbé.

Le début de l’amitié entre Catherine et Thomas a été érotique puis leur relation a été un lien plus ou moins distendu qui ne s’est jamais défait, parfois légère, parfois doublée d’incompréhension quant cet homme brillant à qui rien ne résistait enchainait les échecs avec un fatalisme inéluctable.

On retrouve l’écriture fine de Catherine Cusset, cette émotion papable au fil des pages, un bel hommage à cet ami qui finalement ne savait pas vivre et auquel elle offre une ultime gloire.

Le petit bémol qui m’a déstabilisée du début à la fin du livre c’est le tutoiement de l’auteur envers son ami, laissant un peu le lecteur à l’écart de leur histoire.

Le lundi c’est ciné #16

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Carole Mathieu est médecin du travail pour une société de vente en ligne. Elle a été agressée par un des salariés de l’entreprise et malgré le traumatisme reprend son travail. Entièrement dévouée à son métier, elle frôle le burn-out à force d’encaisser les souffrances, les violences et les humiliations subies au quotidien par les salariés de la plateforme d’appel.

Les suicides se succèdent, la police enquête, la direction ne pense qu’à sauve la face et ne pas perdre de chiffre, le médecin alerte en vain, les syndicats tergiversent sur l’attitude à adopter et au final, ce sont les salariés qui trinquent.

C’est un film violent, à la limite du documentaire quant il s’agit de décrire les conditions de travail et les méthodes de management humiliantes dans une entreprise menée par la nécessité de rentabilité et l’atteinte des objectifs. Isabelle Adjani porte le personnage de Carole Mathieu de façon bluffante, ce film c’est elle !

L’auteur du livre dont le film a été tiré (Marin Ledun – Les visages écrasés) a été chercheur en sociologie chez France Telecom … et nul doute que quand on regarde « Carole Mathieu » c’est à la vague de suicides chez France Telecom que l’on pense.

J’ai peu apprécié le parti pris du réalisateur d’en faire un film mi polar, mi fantastique mais c’est sans doute que trop ancré dans la réalité, ce film aurait été à la limite du supportable … On peut aussi déplorer que ce film, diffusé sur Arte avant de sortir sur grand écran soit passé inaperçu … C’est un peu dans la veine de Ressources Humaine de Laurent Cantet, à voir, à méditer et à montrer à tous les jeunes loups qui sortent des écoles de commerces …

Le grand n’importe quoi du jour !

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Je me suis longuement interrogée sur le titre que j’allais donner à ce billet : « le premier jour du reste de ma vie professionnelle » ou « vis ma vie de commerciale débutante » … d’ailleurs je ne sais toujours pas … mais vous oui !

Après un bouleversement de vie, j’ai complètement changé d’orientation professionnelle et après 3 semaines de formation, j’attaquais de ce matin ma première journée en tant que commerciale … et là, je réalise qu’il y a des années que je n’ai pas écrit de billet « de vie » !

Je n’étais pas plus stressée que ça, mes deux rendez-vous de ce matin ayant été soigneusement préparés (oui, même à presque 50 ans je reste une bûcheuse acharnée), mon ordinateur verrouillé sur la bonne page si cela s’avérait nécessaire, mes boîtes de chocolats à offrir au client, mes cartes de visite … j’avais juste oublié mon bloc notes mais quelques feuilles blanches ont fait l’affaire !

Premier coup de stress au petit déjeuner quand Waze n’a pas reconnu l’adresse à laquelle je devais me rendre … et oui, je suis devenue complètement Waze-dependant mais finalement via michelin m’a sauvé la mise.

Second coup de stress quand le réparateur de la chaudière m’a rappelée ce matin (oui, quand même c’est pas de bol une panne de chaudière cette semaine mais peu importe en 2017 je suis la zénitude incarnée 😉 ) me faisant faire quelques manipulations qui ont ruiné les 10 minutes que j’avais prévues d’avance (oui, seulement 10, je vous l’ai dit, je suis zen).

Je suis finalement arrivée à la minute près (ouf) et tout s’est bien passé.

Un petit coup de Waze plus tard et me voilà partie pour mon second rendez-vous. Comme j’avais 10 minutes d’avance, je décide de faire le plein d’essence de mon nouveau carrosse affrété spécialement pour moi et là, impossible d’ouvrit le clapet du réservoir. Je bataille quelques instants avec la fermeture / ouverture centralisée, en vain. Comme je suis zen et qu’en plus je me sens une âme de princesse en ce moment, aucune honte, j’interpelle un jeune homme (ouais, jeune, c’était mon jour de chance) pour lui demander de l’aide. Une évidence pour lui : le bouton d’ouverture au sol à gauche du siège conducteur et gentiment, il me précise que c’est du Diesel que je dois mettre … ok, minute béate !

Le réservoir ouvert, impossible de mettre de l’essence, le pistolet étant bloqué puisque j’avais commencé avec du Diesel, reposé le pistolet et poursuivi avec du Diesel Excellium … (enfin, avant, j’avais fait le tour de la pompe trois fois, cherché l’automate carte bancaire et dérangé le pompiste !!).

Je repars vers mon rendez-vous, sans plus une once de batterie … merci Waze ! Du coup, je me perds un peu mais j’arrive à l’heure et une nouvelle fois, ça se passe bien.

Bon voilà, autant de trucs dont vous vous moquez sans doute, mais que j’espère relire avec plaisir dans des années et ma sœur, inutile de t’esclaffer je t’entends jusqu’ici et pour que tu saches tout, j’ai terminé ma journée avec un troisième RV sans me perdre, sans retard et avec succès !

La trilogie écossaise de Peter May

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Cela fait un moment que je n’ai pas parlé de livres ici, un moment que je n’ai pas parlé tout court d’ailleurs ! Attention, gros retard de lecture à rattraper !

A la recherche de livres prenants j’ai achevé la trilogie de Peter May , de quoi me donner des envies de découvrir l’Ecosse, même si celle dont parle l’auteur n’est pas des plus accueillantes !

Dans ces deux opus, nous retrouvons Fin Macleod. Il a abandonné définitivement sa carrière de policier et Edimbourg pour revenir vire sur son île natale des Hébrides, cette île battue par les tempêtes en chaque saison. Une nouvelle fois, il est confronté à son passé, à un cadavre et ses amis d’enfance qui eux n’ont pas quitté l’île. Le passé se mêle habilement au présent entre histoire et nostalgie de l’enfance.

Peter May profite du dernier volet de la trilogie pour évoquer une période sombre de l’histoire de l´Écosse, celle des homers, ces orphelins recueillis dans des familles qui les auront au mieux un peu aimés, au pire beaucoup exploités.

Dans ces deux livres, on retrouve cette Écosse mystérieuse, majestueuse et sauvage. L’écriture est riche, dense, tour à tour violente et poétique …