Bilbao ou la métamorphose !

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Le pays basque espagnol n’est vraiment pas très loin de chez nous mais nous poussons rarement plus loin que San Sebastian. Cela faisait donc des années que je n’étais pas repartie à Bilbao et autant vous le dire, en quelques années, la ville a subi un véritable lifting !

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Le musée fêtera l’année prochaine ses 20 ans et a largement contribué à transformer la ville en une cité audacieuse.

A peine sortis de l’autoroute, vous êtes au bord du Nervion et vous vous trouvez nez à nez avec Puppy, le chien de Jeff Koons qui monte la garde. Tapissé de fleurs, celui qui était censé n’être qu’une oeuvre éphémère est sans doute le chien le plus photographié d’Espagne !!

Le musée Guggenheim, tout en rondeur et en écailles, semble avoir été propulsé comme par magie au milieu de nulle part ! Juste derrière, ce sont les collines avec fermes et troupeaux de moutons et sans aucun doute, ce cadre contribue à la beauté du lieu.

Les rives du Nervion se sont fait une beauté, exit les immeubles aux façades crasseuses pour faire place à une promenade piétonne doublée d’une voie cycliste et d’un tramway. De l’autre côté de la rue, ce sont les hôtels de luxe qui ont poussé comme des champignons, tous plus design les uns que les autres, avec vue sur le Guggenheim.

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A Bilbao, il n’y a pas que le musée Guggenheim. Le musée des Beaux arts a été entièrement rénové et souffre la comparaison avec son voisin. Un ancien grand magasin « La Alhondiga » est devenu un espace multiculturel sous l’impulsion de Philippe Starck … bienvenue dans une ville futuriste mais qui a su garder son identité.

Le cœur historique de la ville reste authentique. Petites rues, bar à Tapas et place aux arcades sont les lieux rêvés pour un soir de fête (sauf soir de match de l’Athlétic Bilbao car là, la ville se vide le temps de l’épreuve sportive !!!). D’ailleurs, pas de photos de tapas, pinchos ou Txakoli … j’avais trop abusé de ce dernier pour qu’elles soient présentables !!

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Entre les deux quartiers, une artère branchée où pullulent magasins, bars ou restaurant branchés  !

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Bref, il y en a pour tous les goûts et je crois que nous y repartirons très vite.

Quelques adresses :
* Le café Iruna : du pur authentique Espagnol avec faïence au mur et plafonds peints. C’est aussi kitch que chic et les brochettes d’agneau cuites sur un barbecue au fond du bar sont à tomber !
* La Vaca Baska pour se régaler d’une côte de bœuf de Galice maturée à souhait (en face du musée).
* Le Bistro du musée pour un repas gastronomique sans une addition astronomique. Tout y est, les produits, le service, la salle … parfait !
* L’hôtel Miro pour dormir (pister régulièrement les offres Véry Chic super intéressantes).

 

Partages (Gwaenaëlle Aubry)

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Sarah et Leïla ont 17 ans. L’une est juive, l’autre palestinienne. L’histoire se déroule après les attentats du 11 septembre. Sarah, née et élevée à New York revient vivre en Israël avec sa mère. Leïla, a grandi dans un camp de réfugiés en Cisjordanie, dans une famille où les enfants jouent « au juif et au martyre ». Leurs voix alternent, elles dissonent même. Deux voix pour une même terre pour laquelle on se déchire. Deux voix et deux chemins qui vont finir par se croiser à Jérusalem.

Le sujet est difficile mais voilà un livre que j’avais hâte de lire, tant le conflit israélo-palestinien me semble complexe. Gwenaëlle Aubry nous plonge dans un Jérusalem rude. La guerre, la vie dans les camps de réfugiés, les références au ghetto de Varsovie, l’éducation de la haine (jouer à l’intifada dans les cours de récréation), la soif de vengeance, l’affrontement de deux cultures, tout cela est abordé.

Le fait de suivre une famille palestinienne et une israélienne, d’appréhender ce qu’ils peuvent ressentir (chacune livrant sa vision du conflit) fait la richesse du roman et l’auteur a essayé de ne pas prendre parti … d’amener le lecteur à se poser des questions … et c’est très réussi. Le gros problème de ce livre c’est sa complexité. Les chapitres alternent avec l’une et l’autre des narratrices … ou de leur famille (et là, ça devient corsé de comprendre qui est qui, sans compter que les phrases sont interminables et la ponctuation absente). Dans ma volonté de comprendre je me suis accrochée et ce n’est qu’à la toute fin du livre que je suis sortie du tunnel !

Et encore, je ne sais pas si c’est une erreur d’impression ou une volonté de l’auteure mais les deux derniers chapitres sont imbriqués, je veux dire physiquement, une page de l’un, une de l’autre … j’ai mis dix pages à percuter et ça m’a rendue folle !!!

Alors j’ai du mal à avoir un avis tranché sur ce roman et même à en parler. Je n’ai pas réellement pris de plaisir à le lire mais il a suscité en moi une multitude d’interrogations (toujours sans réponses d’ailleurs) et d’émotions … quelqu’un l’a t-il lu ?

Le lundi c’est ciné #12

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Voilà un film qui m’a emballée. A la limite du documentaire, un film passionnant, un film au service des acteurs (formidables François Cluzet et Marianne Denicourt), un film sur un héros ordinaire : le médecin de nos campagnes (et pour avoir vécu dans un petit village du sud-ouest, ce film m’a vraiment interpelée).

Le docteur Werner est généraliste … mais à la campagne … alors son rôle ne se limite pas à ausculter les patients. C’est un assistant social, il les écoute, les conseille, les aide à remplir des formulaires, les soigne (de jour comme de nuit) ou fait des points de suture. C’est souvent l’unique lien social des patients, un confident et un personnage central dans un village dont il connait tout. Malade à son tour, il doit se faire assister par une jeune femme médecin fraîchement diplômée.

Thomas Lilti réalise un film d’une grande humanité et offre à ses acteurs deux rôles fantastiques, de ceux qui restent rares et marquent une carrière. A noter que les seconds rôles sont tous aussi bouleversants de vérité. J’avais beaucoup aimé Hippocrate du même réalisateur et on retrouve ici le même réalisme. Cette médecine exige beaucoup de sacrifices, ce qui explique que peu de jeunes médecins veuillent s’installer à la campagne et la désertification du milieu rural est ici abordée sans détour ; la scène de la discussion du conseil municipal au sujet de la maison médicale est d’une rare lucidité !!

A voir ABSOLUMENT !!!

 

Instantané du jour #21

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La macro ou comment s’amuser en photographiant !!

Photographier en macro est diablement ludique. Vous bougez d’un millimètre et tout change (y-compris les réglages …).
Dans le cas présent, j’ai photographié des tulipes … un peu chaque jour. J’ai du réaliser des dizaines (voire centaines) de photos pour n’en garder que deux et j’ai découvert des jeux de lumières que je n’aurais même pas soupçonné à l’oeil nu. Les pétales qui tombent sont comme le drappé d’un tissu, les pistils qui se dévoilent au fur et à mesure que la fleur se déhabille sont autant de surprises … parfois on a même l’impression de se trouver en face d’une peinture !

Ce billet est spécialement dédié à Christine que je suis depuis des années maintenant, dont j’admire tant les photos et les mots et qui m’insuffle la motivation me poussant à sortir de ma zone de confort et à faire des expériences !! Merci à toi et bon WE à toutes !!!

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L’amie prodigieuse (Elena Ferrante)

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L’amie prodigieuse comme le titre l’indique est une histoire d’amitié entre Elena et Lila. Nous voilà plongé fin des années 1950 dans un quartier pauvre de Naples. Le temps s’étire doucement dans ce livre : un peu moins de 10 ans, de l’enfance à l’adolescence des deux héroïnes sur fond social dans une Italie tout juste sortie du fascisme.

Lila et Elena sont pourtant radicalement différentes. La première est une intrépide agitatrice, la seconde, beaucoup plus réservée soutenue par son institutrice et les provocations de son amie prodigieuse poursuivra ses études au Lycée (pas si courant pour une jeune fille, qui plus est issue des quartiers pauvres). L’amitié qui les lie est dévorante, émaillée de jalousie et de frustrations mais même quand leur chemins d’écartent, ils finissent toujours par se recroiser et de lient attraction-répulsion est très fort.

Inutile de vous en dire davantage, c’est un roman captivant, tant pour l’histoire d’amitié elle même que pour la ville de Naples. Naples, ville populaire, sombre et miséreuse personnage à part entière de cette chronique socio-économique, théâtre de lutte de quartiers et de familles aux rapports humains souvent extrêmement violents.

Je me suis laissée emportée par cette aventure, roman d’apprentissage par excellence, servi par une écriture tout en finesse, « lente » (ce qui sert merveilleusement l’histoire, le rapport au temps est déroutant tant il se passe de chose sur une période courte) mais jamais longue (même si le début est un peu laborieux) et la dernière page tournée, je n’ai qu’une seule envie : lire la suite (ce qui tombe bien, elle vient de sortir) !