201410 lecture3

A chaque sortie d’un nouvel opus, je retrouve les personnages d’Elisabeth George avec un plaisir indéniable. « Juste une mauvaise action » n’échappe pas à cette règle.

Cette fois ci, ce sont les amis Pakistanais de Barbara Havers, Azhar et sa petite fille Hadiyyah, qui sont au cœur du roman. La petite Hadiyyah est enlevée à son père par sa mère … puis enlevée tout court en Toscane. Barbara Havers tente par tous les moyens de voler au secours de ses amis et suite à une intrigue qui ne tourne pas comme Barbara l’aurait souhaité, c’est l’inspecteur Thomas Linley se retrouve dépêché en Italie afin de participer à cette enquête.

Dans ce 18ème livre avec les mêmes protagonistes, c’est Barbara Havers qui est au centre de l’intrigue et pour la première fois, son personnage est vraiment étoffé. Barbara est une femme surprenante (totalement hors cadre) et attachante. Elle est bien la seule à ne pas se savoir amoureuse de son voisin, ce qui peut la rendre carrément agaçante et on se demande jusqu’où elle est capable d’aller par amitié, quitte à franchir la ligne jaune. Tous les moyens seront donc bons : détective privé, pacte du diable avec la presse à scandale, désobéissance aux ordres …

Point de cadavres ni de peur noire dans les romans d’Elisabeth Georges mais une intrigue finement construite dont le dénouement n’est livré que dans les toutes dernières pages. Ici, l’intrigue est assez mince, au profit d’une étude psychologique des personnages, Barbara en tête. Bref, 700 pages qui se dévorent … et comme je le dis à chaque fois, il est dommage d’attaquer les livres de l’auteure sans avoir lu les précédents.

Voilà pour les côtés positifs. Maintenant, j’apporterai un bémol quant à la fin du livre, totalement abracadabrante et au côté un peu trop lisse et propret … mais c’est aussi la signature de l’auteur, c’est désuet, comme un téléfilm policier diffusé en plein après midi sur France 3 ; pas super excitant mais ça se laisser suivre avec plaisir !

 Un grand merci à Babelio et aux Presses de la cité pour l’envoi de ce livre.

Juste une mauvaise action
Elisabeth George
Editions Presses de la cité
696 pages

Les indispensables #4

SAMSUNG CSC

Parce qu’elle esf facile
Parce que même roulée au fond de la valise, elle ressort impeccable
Parce qu’elle peut-être aussi bien chic (escarpins) que cool (ballerines)
Parce que c’est l’essence même de la féminité
Parce qu’elle va à quasi toutes les silhouettes
Parce qu’elle est élégante, intemporelle et moderne
Parce que le jersey de soie épais, ça ne boudine pas (véridique, pas le moindre bourrelet en vue)
Parce qu’en solde sur net-à-porter elle reste chère mais était abordable
Parce que je suis sûre de ne jamais m’en lasser
Parce qu’elle a 40 ans et que j’en rêvais depuis des années
Parce que je me trouve canon avec (Oui c’est tout sauf modeste et non, ne je posterai pas de look)

Au moins 10 bonnes raison d’enrichir mes indispensables d’une wrapp DVF (Diane Von Furstenberg)

Le lundi c’est ciné #4

201410 Ciné

Mommy, le film du réalisateur dont on parle tant Xavier Dolan. C’est le genre de film que je veux toujours aller voir avant qu’on m’en parle, histoire de ne pas être influencée, ni dans un sens, ni dans l’autre.

Mommy, c’est la vie de Diane, veuve, mère de Steve adolescent impulsif et violent dont les institutions ne veulent plus malgré ses symptômes de TDAH. Au coeur de leurs emportements, ils tentent de joindre les deux bouts avec l’aide de leur voisine Kyla.

J’ai eu l’impression d’être en équilibre pendant tout le film. Un équilibre subtil entre la pitié et les larmes. La pitié parce que Diane n’est pas très éduquée, assez borderline et qu’elle s’en voit terriblement avec ce fils violent mais d’un autre côté, Diane est sans retenue, leurs moments de complicités sont intenses, il n’y a pas de honte et c’est en ce sens une mère admirable.

Les larmes parce que j’ai eu le cœur serré pendant tout le film mais il flotte une sorte de liberté légère qui fait du bien. Le réalisateur ne tombe jamais dans le misérabilisme, il y a toujours assez de ressort pour que la scène suivante nous emporte et la bande son insuffle une énergie folle.

Le format carré est surprenant au début mais sert merveilleusement le film et les portraits des acteurs, tous formidables. Le passage en écran large ne dure que quelques minutes, quelques minutes d’un espoir intense … mais je ne vous en dis pas davantage.

C’est un film renversant, étourdissant et je suis sortie sonnée de cette projection, un énorme coup de cœur !

 

Le lundi c’est ciné #3

201410 Ciné

Hippocrate c’est l’histoire d’une jeune externe (Benjamin) qui du jour au lendemain se retrouve interne dans le service de son père. Dès les premières images, le spectateur est plongé au cœur de la vie de l’hôpital. Au sous sol un dédale de couloirs lugubres et à l’étage 18 malades, du personnel soignant submergé, une chef de clinique peu disponible, un co-interne étranger … bienvenue dans la vie d’un jeune étudiant en médecine brutalement confronté à des responsabilités écrasantes.

Ce film est une immersion réaliste et passionnante, presque un documentaire tant les acteurs (médecins ou malades) sont plus vrais que nature, c’est impressionnant. Benjamin se retrouve confronté à ses peurs, des patients, des familles et à ses propres limites.

Le film de Thomas Lilti pose de sérieuses questions : l’hôpital est en péril (problèmes de matériel, de personnel, luttes entre les différents services), rien de nouveau sous le soleil me direz vous sauf que là, c’est saisissant de vérité. Nous sommes bien loin de Dr House !!! Le cas des internes étrangers, plus âgés et plus expérimentés est également abordé sans concession. La mise en scène est efficace et le film intense (ça m’a beaucoup fait penser à Polisse de Maïwenn), sincère et terriblement humain. Les acteurs sont formidables, Reda Kateb en tête !

Un coup de cœur !

Hippocrate de Thomas Lilti
avec Vincent lacoste, Réda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt

Blond cendré (Eric Paradisi) – RL 2014 #2

201410 Lecture 2

Alba et Maurizio se rencontrent à Rome en 1943. Entre le jeune coiffeur juif et la jolie jeune fille blonde résistante communiste c’est le coup de foudre mais en 1944 alors que les rafles s’intensifient, Alba est incarcérée et Maurizio déporté au camp d’Auschwitz. Il y survivra en exerçant son métier de barbier et rescapé des camps transmettra son histoire à sa petite fille, Flor.

C’est cette dernière, qui racontera cette histoire à l’homme qu’elle aime …

Le sujet n’était pas très original en soit, je dirai même périlleux tant de livres ayant traité de la déportation. Ici, l’originalité viendra du fait que Maurizio est issu d’un ghetto situé en Italie et du côté polyphonique du roman.

Le mélange des récits (le grand père alternativement avec la petite fille), du passé et du présent est difficile à suivre et alors que l’histoire de Maurizio est intéressante (quoique trop bâclée sur la fin à mon sens) et tient le livre, celle de la petite fille, plus distancié reste sans grand intérêt, si ce n’est celui de l’héritage familial et de la transmission.

L’amour est omniprésent dans ce livre, au même titre que le feu (blond cendré, incendie, fours crématoires … ) mais impossible pour moi d’adhérer à ce dialogue entre les morts et les vivants !

Le début du livre est carrément pénible avec une technique de rupture de syntaxe qui trop répétitive devient vite lassante (p. 20 : « un baiser comme une valse qu’ils en tombèrent à genoux », « Alba choisit une place près de la fenêtre d’où la mer ondulait sous le soleil »). Le style tour à tour pompeux puis mièvre devient heureusement moins emprunté au fil des pages (à moins que je ne me soit familiarisée avec ces tournures de phrases définitivement trop lourdes) et même si j’ai lu ce livre assez vite, je n’ai jamais vraiment éprouvé d’empathie pour des personnages trop stéréotypés, trop théâtraux.

Bref, une déception que ce roman qui au vu de la quatrième de couverture me tentait beaucoup.

Blond cendré
Eric Paradisi
Editions JC Lattès
249 pages

Un grand merci à Babélio et aux éditions JC Lattès pour l’envoi de ce livre.

tous les livres sur Babelio.com