Chambre 2 (Julie Bonnie)

En rangeant un peu ma PAL, je suis tombée sur ce petit livre que j’avais complètement oublié, c’était celui qui me fallait pour oublier la saga Ken Follett, sujet radicalement différent et moins de 200 pages … pafait !

Béatrice est auxiliaire de puéricultrice, elle a tourné le dos à sa vie d’avant, une vie de bohème avec Gabor, un mari violoniste qu’elle accompagnait en dansant nue, vivant avec une petite troupe sur les routes et tentant de concilier vie de famille avec deux enfants en bas âge et sa vie d’artiste au sein du « Cabaret de l’amour ». Une vie de saltimbanques mais une vie heureuse.

Cette vie « antérieure », c’est au fil des chapitres que nous la découvriront. Passé et présent alternent. Un passé fantasque et un présent difficile avec un travail et une vie qui la dépriment. Chaque jour, telle une éponge, elle épouse la vie de ces femmes qui sont sur le point ou viennent d’accoucher, elle raconte ces corps et ces âmes meurtris, ces corps tour à tour objets de désir, de jeux, de douleur ou de déformation suscitant plaisir ou dégoût, ces corps tellement à l’opposé ce que le sien, libéré, a pu exprimer dans les spectacles.

Julie Bonnie dont c’est le premier livre (on pardonnera donc un peu de pauvreté dans le style) explore le corps féminin de façon très intime mais jamais vulgairement. C’est un roman extrêmement intime, une histoire poignante qui apporte de nombreuses réflexions sur la féminité, la maternité, le deuil ou même les conditions de travail dans les services de maternité.

Voilà un livre qui sonne vrai, même s’il est très inégal avec des moments très beaux et intenses, forts et justes … mais aussi des passages beaucoup conventionnels et extrêmement plats … avis positif quand même et c’est ma fille qui a pris le relais de lecture !

Aux portes de l’éternité (Ken Follett)

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Avec « Au portes de l’éternité », se termine la trilogie de Ken Follett sur le XXème siècle. Un peu plus de 3500 pages (en tout).

Après nous avoir conté (et Ken Follett est réellement un conteur doué) la première et la seconde guerre mondiales, c’est à la guerre froide qu’il s’attaque. Dans ce dernier opus, on retrouve les descendants des familles découvertes au début de la trilogie. Nous sommes au début des années 60 et nous voyageons d’une chapitre à l’autre de Berlin est à Berlin ouest, des Etats Unis à la Russie en passant par l’Angleterre.

J’ai adoré re- balayer ce siècle dont les 30 dernières années me sont contemporaines. La guerre du Vietnam, la crise des missile de Cuba, la lutte contre la ségrégation, l’avènement du communisme, la saga Kennedy, le construction puis la chute du mur de Berlin, la fin du bloc soviétique, Solidarnosc, les années hippies aux USA … autant de moments forts de notre histoire récente.

Ken Follet reprend la même recette que dans les deux précédents tomes, combinant allègrement la petite histoire à la grande, faisant cohabiter les personnages fictifs aux politiques ayant réellement contribué à l’évolution de ce siècle, tous ceux du roman finissant par toucher de près ou de loin les arcanes du pouvoir. C’est sans doute là que ce dernier volume pêche un peu … la romance parfois irréaliste l’emportant sur la vérité historique si bien fouillée dans les opus précédents.

Mais, je ne boude pas le plaisir que j’ai eu à dévorer ce livre (les premières pages récapitulant les différents personnages sont indispensables) et même s’il est nettement moins abouti que les autres, je ressens un grand vide la dernière page tournée …

Mon anti-visite au Guggenheim

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Le musée Guggenheim de Bilbao vaut le détour ne serait-ce que pour son architecture. Franck Gehry a conçu un bâtiment audacieux, tout en courbes et en volumes reliés entre eux dans un savant déséquilibre. Jeux de transparence, courbes de pierres, parois de verres, hauteurs vertigineuses ou bien encore perspectives déroutantes sont tout un programme avant de découvrir les expositions réparties sur 3 étages.

L’exposition Louise Bourgeois est inquiétante et fascinante, nous en avons fait le tour plusieurs fois mais c’est surtout avec les visiteurs que je me suis amusée. Les salles étaient pratiquement désertes en ce début d’après midi (sans doute à cause de l’heure du déjeuner à l’espagnole) et j’ai pris un malin plaisir à regarder déambuler les visiteurs et à tenter de capter des postures ou des passages devant les oeuvres … jusqu’à ce que je me fasse repérer par une visiteuse qui m’a jeté un regard assassin puis par un gardien qui est venu me rappeler que les photos étaient interdites dans certaines zones (et promis, je n’avais pas fait attention) !

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Pour finir quelques images des extérieurs avec les oeuvres permanentes de Jeff Koons.

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Bilbao ou la métamorphose !

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Le pays basque espagnol n’est vraiment pas très loin de chez nous mais nous poussons rarement plus loin que San Sebastian. Cela faisait donc des années que je n’étais pas repartie à Bilbao et autant vous le dire, en quelques années, la ville a subi un véritable lifting !

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Le musée fêtera l’année prochaine ses 20 ans et a largement contribué à transformer la ville en une cité audacieuse.

A peine sortis de l’autoroute, vous êtes au bord du Nervion et vous vous trouvez nez à nez avec Puppy, le chien de Jeff Koons qui monte la garde. Tapissé de fleurs, celui qui était censé n’être qu’une oeuvre éphémère est sans doute le chien le plus photographié d’Espagne !!

Le musée Guggenheim, tout en rondeur et en écailles, semble avoir été propulsé comme par magie au milieu de nulle part ! Juste derrière, ce sont les collines avec fermes et troupeaux de moutons et sans aucun doute, ce cadre contribue à la beauté du lieu.

Les rives du Nervion se sont fait une beauté, exit les immeubles aux façades crasseuses pour faire place à une promenade piétonne doublée d’une voie cycliste et d’un tramway. De l’autre côté de la rue, ce sont les hôtels de luxe qui ont poussé comme des champignons, tous plus design les uns que les autres, avec vue sur le Guggenheim.

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A Bilbao, il n’y a pas que le musée Guggenheim. Le musée des Beaux arts a été entièrement rénové et souffre la comparaison avec son voisin. Un ancien grand magasin « La Alhondiga » est devenu un espace multiculturel sous l’impulsion de Philippe Starck … bienvenue dans une ville futuriste mais qui a su garder son identité.

Le cœur historique de la ville reste authentique. Petites rues, bar à Tapas et place aux arcades sont les lieux rêvés pour un soir de fête (sauf soir de match de l’Athlétic Bilbao car là, la ville se vide le temps de l’épreuve sportive !!!). D’ailleurs, pas de photos de tapas, pinchos ou Txakoli … j’avais trop abusé de ce dernier pour qu’elles soient présentables !!

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Entre les deux quartiers, une artère branchée où pullulent magasins, bars ou restaurant branchés  !

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Bref, il y en a pour tous les goûts et je crois que nous y repartirons très vite.

Quelques adresses :
* Le café Iruna : du pur authentique Espagnol avec faïence au mur et plafonds peints. C’est aussi kitch que chic et les brochettes d’agneau cuites sur un barbecue au fond du bar sont à tomber !
* La Vaca Baska pour se régaler d’une côte de bœuf de Galice maturée à souhait (en face du musée).
* Le Bistro du musée pour un repas gastronomique sans une addition astronomique. Tout y est, les produits, le service, la salle … parfait !
* L’hôtel Miro pour dormir (pister régulièrement les offres Véry Chic super intéressantes).

 

Partages (Gwaenaëlle Aubry)

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Sarah et Leïla ont 17 ans. L’une est juive, l’autre palestinienne. L’histoire se déroule après les attentats du 11 septembre. Sarah, née et élevée à New York revient vivre en Israël avec sa mère. Leïla, a grandi dans un camp de réfugiés en Cisjordanie, dans une famille où les enfants jouent « au juif et au martyre ». Leurs voix alternent, elles dissonent même. Deux voix pour une même terre pour laquelle on se déchire. Deux voix et deux chemins qui vont finir par se croiser à Jérusalem.

Le sujet est difficile mais voilà un livre que j’avais hâte de lire, tant le conflit israélo-palestinien me semble complexe. Gwenaëlle Aubry nous plonge dans un Jérusalem rude. La guerre, la vie dans les camps de réfugiés, les références au ghetto de Varsovie, l’éducation de la haine (jouer à l’intifada dans les cours de récréation), la soif de vengeance, l’affrontement de deux cultures, tout cela est abordé.

Le fait de suivre une famille palestinienne et une israélienne, d’appréhender ce qu’ils peuvent ressentir (chacune livrant sa vision du conflit) fait la richesse du roman et l’auteur a essayé de ne pas prendre parti … d’amener le lecteur à se poser des questions … et c’est très réussi. Le gros problème de ce livre c’est sa complexité. Les chapitres alternent avec l’une et l’autre des narratrices … ou de leur famille (et là, ça devient corsé de comprendre qui est qui, sans compter que les phrases sont interminables et la ponctuation absente). Dans ma volonté de comprendre je me suis accrochée et ce n’est qu’à la toute fin du livre que je suis sortie du tunnel !

Et encore, je ne sais pas si c’est une erreur d’impression ou une volonté de l’auteure mais les deux derniers chapitres sont imbriqués, je veux dire physiquement, une page de l’un, une de l’autre … j’ai mis dix pages à percuter et ça m’a rendue folle !!!

Alors j’ai du mal à avoir un avis tranché sur ce roman et même à en parler. Je n’ai pas réellement pris de plaisir à le lire mais il a suscité en moi une multitude d’interrogations (toujours sans réponses d’ailleurs) et d’émotions … quelqu’un l’a t-il lu ?