La salle des cent couverts

100 couvertsJe ne sais pas si vous être comme moi mais alors que je recherche toujours des activités quand je me déplace, j’ai tendance à négliger ce qui se passe dans ma propre ville … voire dans mon quartier.

Alors voilà, cela fait des semaines que dans la salle des Etats du château de Pau quelques dizaines de couverts sont en lévitation et j’ai attendu la dernière minute pour y aller. Cette salle également baptisée « Salle des 100 couverts » a été vidée pour l’occation et ce sont autant (enfin presque autant) de couverts qui ont été suspendus à hauteur de table … mais sans la table !

L’effet est saisissant quand on pénètre dans la salle et vraiment, le mariage de l’art contemporain et des lustres du château de Pau est très réussi.

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La lionne blanche (Henning Mankell)

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La lionne Blanche est le troisième livre des enquêtes du commissaire Wallander. Ecrit en 1993, l’action se situe alternativement en Suède et en Afrique du Sud alors que l’apartheid vient tout juste d’être aboli.

Je crois vraiment que c’est cette seconde partie de l’enquête, particulièrement bien documentée, qui m’a le plus passionnée, c’est toujours tellement intéressant de revisiter notre histoire récente avec un peu de recul.

Kurt Wallander et son équipe enquêtent sur le meurtre d’une mère de famille visiblement sans histoire. Un meurtre incompréhensible si ce n’est que cette jeune femme s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. En parallèle, Henning Mankell nous emmène en Afrique du Sud où un complot visant à l’assassinat d’une personnalité à forte influence dans ce pays en postapartheid.

La Scanie et l’Afrique du Sud ? quel rapport me direz vous ? … et bien c’est toute la prouesse de ce livre mêlant afrikaners extrémistes, agents du KGB … et simples policiers suédois.

L’auteur conduit impeccablement cette double intrigue, mêlant personnages réels et fictifs. Le suspense est bien mené, c’est un peu comme si l’auteur avait pris tout son temps, pour mon plus grand bonheur de lecture.

Le commissaire Wallander gagne un peu plus en épaisseur. Toujours borderline, il est prétexte à un regard acéré sur la société suédoise, c’est un roman passionnant !

 

En attendant Bojangles (Olivier Bourdeaut)

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Je me méfie toujours des livres sur lesquels l’enthousiasme est trop fort et je crois même que si une amie ne me l’avait pas prêté, je serais passée à côté de celui ci (alors Laurence, un grand merci!).

En attendant Bojangles est quand même un ovni dans la littérature. Un court roman loufoque servi par une écriture fluide et dansante (et là, je me suis régalée de certains passages tellement le rythme imprimé par les mots est jubilatoire).

Le thème de la folie qui est abordé avec une fausse légèreté. Un petit garçon vit avec ses parents fantasque une drôle de vie, un tourbillon même. Sa maman, femme-enfant, change de prénom tous les jours, son père a fait fortune et dépense sans compter en réceptions, voyages ou autres folies et leur animal de compagnie est un étrange oiseau nommé Mademoiselle Superfétatoire. Cette vie de fête et de plaisirs perpétuels ou de chimères bascule un jour …

La construction est intéressante, alternance de chapitres racontés par le jeune garçon et de lettres écrites par son père, un regard d’enfant et celui d’un d’adulte. Même les passages les plus tragiques sont racontés avec une infinie pudeur et une pointe d’humour permettant de ne jamais tomber dans le pathos.

C’est une magnifique histoire d’amour, à la fois triste et pétillante, douce et amère, un livre très fin et intelligent, souvent déstabilisant pour le lecteur mais c’est là que réside toute la magie de l’écriture de l’auteur.

Jérôme Garcin a écrit sur ce livre les mots qui lui vont si bien « Dans une prose chantante, Olivier Bourdeaut fait sourire les larmes et pleurer l’allégresse. Il mérite le succès qui va fondre sur cette fable extravagante et bouleversante ».

N’attendez plus, courrez le lire et en attendant, je vous laisse avec Nina Simone et la chanson qui m’a trotté dans la tête pendant toute la lecture !

Chambre 2 (Julie Bonnie)

En rangeant un peu ma PAL, je suis tombée sur ce petit livre que j’avais complètement oublié, c’était celui qui me fallait pour oublier la saga Ken Follett, sujet radicalement différent et moins de 200 pages … pafait !

Béatrice est auxiliaire de puéricultrice, elle a tourné le dos à sa vie d’avant, une vie de bohème avec Gabor, un mari violoniste qu’elle accompagnait en dansant nue, vivant avec une petite troupe sur les routes et tentant de concilier vie de famille avec deux enfants en bas âge et sa vie d’artiste au sein du « Cabaret de l’amour ». Une vie de saltimbanques mais une vie heureuse.

Cette vie « antérieure », c’est au fil des chapitres que nous la découvriront. Passé et présent alternent. Un passé fantasque et un présent difficile avec un travail et une vie qui la dépriment. Chaque jour, telle une éponge, elle épouse la vie de ces femmes qui sont sur le point ou viennent d’accoucher, elle raconte ces corps et ces âmes meurtris, ces corps tour à tour objets de désir, de jeux, de douleur ou de déformation suscitant plaisir ou dégoût, ces corps tellement à l’opposé ce que le sien, libéré, a pu exprimer dans les spectacles.

Julie Bonnie dont c’est le premier livre (on pardonnera donc un peu de pauvreté dans le style) explore le corps féminin de façon très intime mais jamais vulgairement. C’est un roman extrêmement intime, une histoire poignante qui apporte de nombreuses réflexions sur la féminité, la maternité, le deuil ou même les conditions de travail dans les services de maternité.

Voilà un livre qui sonne vrai, même s’il est très inégal avec des moments très beaux et intenses, forts et justes … mais aussi des passages beaucoup conventionnels et extrêmement plats … avis positif quand même et c’est ma fille qui a pris le relais de lecture !

Aux portes de l’éternité (Ken Follett)

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Avec « Au portes de l’éternité », se termine la trilogie de Ken Follett sur le XXème siècle. Un peu plus de 3500 pages (en tout).

Après nous avoir conté (et Ken Follett est réellement un conteur doué) la première et la seconde guerre mondiales, c’est à la guerre froide qu’il s’attaque. Dans ce dernier opus, on retrouve les descendants des familles découvertes au début de la trilogie. Nous sommes au début des années 60 et nous voyageons d’une chapitre à l’autre de Berlin est à Berlin ouest, des Etats Unis à la Russie en passant par l’Angleterre.

J’ai adoré re- balayer ce siècle dont les 30 dernières années me sont contemporaines. La guerre du Vietnam, la crise des missile de Cuba, la lutte contre la ségrégation, l’avènement du communisme, la saga Kennedy, le construction puis la chute du mur de Berlin, la fin du bloc soviétique, Solidarnosc, les années hippies aux USA … autant de moments forts de notre histoire récente.

Ken Follet reprend la même recette que dans les deux précédents tomes, combinant allègrement la petite histoire à la grande, faisant cohabiter les personnages fictifs aux politiques ayant réellement contribué à l’évolution de ce siècle, tous ceux du roman finissant par toucher de près ou de loin les arcanes du pouvoir. C’est sans doute là que ce dernier volume pêche un peu … la romance parfois irréaliste l’emportant sur la vérité historique si bien fouillée dans les opus précédents.

Mais, je ne boude pas le plaisir que j’ai eu à dévorer ce livre (les premières pages récapitulant les différents personnages sont indispensables) et même s’il est nettement moins abouti que les autres, je ressens un grand vide la dernière page tournée …