Jeanne Lanvin, Arpèges (Isabelle Mestre)

Arpèges

En ce moment, on parle beaucoup de la maison Lanvin qui fête cette année ses 125 ans et à cette occasion, s’est ouvert au Palais Galliera une exposition rétrospective … que je ne verrai d’ailleurs pas … mais là n’est pas le sujet.

De Jeanne Lanvin, je ne connaissais pas grand chose … je peux même avouer que mes connaissance se limitaient au parfum « Arpège » et que je ne savais même pas qu’elle était née il y a si longtemps … alors ce livre avait tout pour titiller ma curiosité.

Chronologiquement, les quasi 8 décennies de la vie de Jeanne Lanvin sont retracées. Jeanne Lanvin est née en 1867 dans une famille pauvre. Elle est l’ainée d’une fratrie nombreuse qu’elle quittera pour travailler dans un atelier de couture avant d’ouvrir sa première boutique de chapeaux et d’obtenir le succès que l’on sait.

Côté posititif, j’ai dévoré ce roman qui retrace un destin hors du commun. Côté négatif, j’ai été assez désemparée par l’emploi du « Je », comme si l’auteur se fondait dans son personnage mais je ne savais jamais si elle s’adressait au lecteur ou à un mystérieux monsieur rencontré sur l’hippodrome de Longchamp … ou si c’était tout simplement un long monologue.

Il y a beaucoup de délicatesse et d’élégance dans ce livre, c’est précis et ciselé comme de la haute couture mais il y a également une grande distance, une sorte de retenue froide qui ne m’a pas permis d’éprouver une grande sympathie pour cette femme stricte, exigeante et taciturne.

J’aurais bien aimé en savoir davantage, sur ses relations avec les autres, avec sa fille, ses couturières ou bien encore avec Gabrielle Chanel et du coup, la dernière page du livre tournée, cette femme reste pour moi (mais à priori pour tous ceux qui l’ont côtoyée) une énigme !

Voici un extrait page 143 qui en quelques lignes résume bien la distance que Jeanne Lanvin pose avec les autres … distance que j’ai ressentie en tant que lectrice également mais c’est sans doute aussi là que réside la réussite du livre.
« Quand elles montent dans le train, elle sont surprises de me voir. Je les salue. La distance que je maintiens est purement tactique, mais elle m’est devenue une seconde nature. Si j’accompagne une tournée, je n’en demeure pas moins lointaine, et quasi invisible ».

Je remercie quand même les éditions Le Passage et à Babelio pour l’envoi de ce livre.

Instantané du jour #15

Pivoines

Chaque samedi matin je fais le plein de fleurs aux halles … et chaque samedi matin je me dis, allez, hop, des pivoines … ce sont les dernières !!

Passez un bon WE sous le soleil !!

501 culte … mais pas que !

501

Il ne vous auras pas échappé que cette année, le légendaire 501 a 125 ans ! Il est donc beaucoup plus vieux que moi mais j’en ai quand même porté quelques uns depuis ma jeunesse !!

C’est LE jean qu’on achetait dans les surplus américains à Bordeaux quand j’étais étudiante, c’est LE jean brut qui faisait toujours classe avec une paire d’escarpins, c’est LE jean de Marilyn ou de Sade (enfin pour Sade je ne suis plus si sûre …) , c’est LE jean qu’on pouvait piquer à son copain bien avant que le boyfriend n’existe … bref, c’est un basique !

Il y a peu j’en ai retrouvé un parmi toute une pile de vieux vêtements à trier et j’ai voulu l’essayer. Il doit avoir 20 ans, il a du être bien brut (traduire carton), il est délavé naturellement, droit, longueur impeccable, j’y passe encore mes cuisses … mais alors la taille haute, c’est carrément improbable. Il doit bien manquer 2 tailles pour que je puisse fermer le bouton et remonter le zip … et définitivement, le « mom jean » ne passera pas par moi.

Alors oui, la mode est un éternel recommencement … mais toujours avec cette petite touche de nouveauté que visiblement mon vieux 501 n’a pas !!!

Changer la vie (Antoine Audouart)

Livre 201506

André et François, deux amis qui se sont connus étudiants en 1981 se retrouvent 30 ans plus tard. André s’en est bien sorti professionnellement alors que François pourtant promis à un avenir prometteur a basculé dans l’alcoolisme, l’obésité et la pauvreté. Ces retrouvailles sont l’occasion pour les deux amis de se repencher sur l’année 1981, année de l’élection de François Mitterrand, année de toutes les promesses et été au cours duquel les deux garçons découvriront Manhattan avant leur rentrée universitaire.

Sur le papier, même si je suis plus jeune que les protagonistes, ce roman avait tout pour me plaire et j’avais vraiment envie de me remémorer ce que « Changer la vie » pouvait signifier au début des année 80.

Les premières pages du livre, récit à la première personne, m’ont laissée perplexe. L’écriture est décousue, les phrases sans fin et j’ai eu beaucoup de mal à trouver une trame au livre tant l’auteur s’éparpille. La seconde partie, à New-York, apporte davantage de rythme (ouf !), surtout avec la mission de stage d’André, consistant à recueillir le témoignage d’une ancienne résistance rescapée des camps nazi … mais même là, les personnages manquent de profondeur et l’histoire coule sans jamais vraiment réussir à accrocher le lecteur.

Le style est moderne, tantôt fluide, tantôt maniéré, pas vraiment désagréable (sauf les premières pages où l’absence de ponctuation finale m’a insupportée) mais pas transcendant non plus. L’auteur parsème les dialogues de phrases en Anglais (ce qui ne m’a pas dérangé) et de titres de chansons (ce qui ne m’a rien apporté puisque je n’avais pas les clés de ce registre là).

Bref, alors que j’étais alléchée par la thématique j’ai finalement été déçue par ce livre, trop superficiel à mon goût … à moins que je ne sois totalement passée à côté !

Merci quand même à Babelio et aux éditions Gallimard pour l’envoi de cet exemplaire.

Travail soigné (Pierre Lemaître)

IMG_0968

C’est avec « Au revoir là-haut » que j’ai découvert Pierre Lemaître … et j’avais tellement aimé que j’étais bien décidée à découvrir les premiers livres qui l’ont fait connaître en tant qu’écrivain de polars. J’ai entamé « Travail soigné » sans rien en savoir ou presque (je ne lis pratiquement pas la quatrième de couverture) et j’ai bien fait … quel récit !!!

Je n’aime pas les policiers trop sanglants et certes celui là l’est, il l’est même beaucoup (gore) mais il y a une telle finesse dans l’écriture que cela surpasse l’horreur de certaines scènes.

La trame tient en quelques mots (surtout ne jamais trop rentrer dans le détail des livres dont je vous parle et là, encore moins que jamais) : Camille Verhoeven, commandant d’une brigade d’investigation parisienne reçoit un appel « Il y a eu un meurtre à Courbevoie … », message aussi laconique que la scène de crime est épouvantable de barbarie. Sans beaucoup de réussite, Camille Verhoeven et son équipe se démènent pour démasquer cet assassin mystérieux délaissant tant d’incongruités sur la scène de crime.

La construction est efficace, peu de longueurs (allez, disons un peu sur le premier quart) , on va directement à l’essentiel : les pensées de Camille Verhoeven, son enquête, son analyse, ses recoupements, ses doutes … et la difficulté de faire cohabiter vie privée et professionnelle. Avec un rythme soutenu Pierre Lemaître nous embarque dans une enquête palpitante du début à la fin avec un final haletant.

Pierre Lemaître se sert du modus-operandi de l’assassin pour jongler astucieusement avec des extraits de littérature policière. L’auteur rend hommage aux grands auteurs de polar maîtres du genre que sont Bret Easton Ellis, James Ellroy ou Emile Gaboriau

Ce livre est aussi noir que littéraire. L’analyse des personnages, l’écriture érudite et fluide, la montée de la tension crescendo, tout y est … c’est un coup de cœur et j’ai hâte de lire la suite de cette trilogie !