Nina par hasard (Michèle Lesbre)

 201404 Livre

J’ai découvert Michèle Lesbre avec « Ecoute la pluie » et l’autre jour, alors que je regardais une des tables chez mon libraire, je suis tombée sur ce court roman.

Comme j’avais beaucoup aimé la plume de l’auteur et que j’aime alterner pavé et « petit » livre, cela tombait à pic.

Nina est apprentie coiffeuse et vit à Roubaix avec sa mère Suzy. Suzy a quitté le père de Nina et est revenue s’installer dans la région de son enfance où son amie Louise lui a trouvé du travail dans une petite usine textile. La vie de Suzy est traversée par les hommes, ses amies et les conflits sociaux laissant peu de place à Nina.

Avec son premier salaire, Nina veut offrir à sa mère une escapade à la mer pour lui faire oublier les grèves, les conflits sociaux et un quotidien difficile mais les rêves d’idéaux de Nina vont vite être balayés par des soucis d’adultes.

Michèle Lesbre nous raconte quatre jours du quotidien de Nina, Suzy et de sa bande de copines. Quatre jours mêlant passé et présent pour comprendre l’usine, le contremaître vachard, le patron cynique … et des souvenirs heureux.

Certes, l’atmosphère est lourde mais il y a beaucoup de tendresse dans la plume si fluide de Michèle Lesbre. J’ai été terriblement touchée par sa façon d’écrire les relations entre Nina et sa mère, sa vision de ces femmes si solidaires entre elles.

La hasard a fait que je l’ai lu juste avant « En finir avec Eddy Bellegueule » et il y a pas mal de similitudes entre ces deux livres (le Nord de la France, les désindustrialisation, les difficultés sociales, l’enfance) mais celui là est aussi émouvant que celui d’Edouard Louis était un constat glacial.

Bref, un petit livre mais un gros coup de cœur.

Sinon, je n’ai pas été très présente cette semaine mais c’était un peu la folie de l’été … à Pâques  , sans doute à cause (ou grâce) au soleil. Pas de quoi se plaindre, juste de quoi ne plus savoir où donner de la tête ! Bref, il me tarde demain, il va pleuvoir et je vais pouvoir mettre mes gambettes aux repos et vous lire.  Bon WE les fillottes !!!

Le cas Stan Smith

 

SAMSUNG CSC

Il y a quelques mois, je questionnais : Sneakers or not ? Depuis, je ne m’interroge plus, j’ai définitivement cédé aux sirènes du confort.

J’aurais aussi pu céder à celles de la mode après avoir vu tant et plus de photos street-style avec des filles canon, Stan Smith aux pieds.

Mais finalement, je trouve que mes tennis Philippe Model donnent encore super bien le change et elles sont si confortables avec leur petit talon et leur doublure éponge que je vais les mettre avec encore plus de plaisir.

Et puis bon, elles sont blanches et vertes, ça le fait, non ?

En finir avec Eddy Bellegueule (Edouard Louis)

photo 1-4« Choc », « Révélation », « Phénomène », « Succès » autant de qualificatifs entendus de ci de là au sujet de ce livre.

Eddy est né en 1992, dans un village Picard. Issu d’une famille pauvre dans un milieu sinistré, il raconte le quotidien de ces années d’enfance puis d’adolescence avant de « s’enfuir » pour faire des études secondaires. Ce quotidien  c’est : chômage, alcoolisme, télévision, et insultes car le jeune Eddy n’est pas comme les autres et, dans un monde ou il est de bon ton d’être gros, de ne pas travailler à l‘école et d’être mal élevé (ce sont les dires de l’auteur) un garçon fluet qui préfère les déguisements au foot et aux copains suscite la violence, verbale et physique de la part de sa famille, des collégiens ou du village.

L’écriture est impeccable et implacable : alternance de deux langages : celui des siens (en italique) et son langage actuel. Le « roman » est effarant puisque c’est une histoire vraie.

Le constat de cette misère est infernal  et les lois de la reproduction sociales abominables : les filles seront caissières, mères jeunes et les garçons travaillerons à l’usine. Ce livre aurait pu être écrit par Zola, on a l’impression que rien n’a changé, la misère la plus noire est toujours la même au fil du temps.

J’ai du mal à parler de ce livre en disant que « J’ai aimé » car comment peut-on aimer se trouver voyeur d’une telle histoire. Par contre, si un bon livre se mesure aux émotions ressenties alors oui, j’ai été touchée, voire coulée et j’ai trouvé ce livre étouffant. Etouffant car c’est glacial, sans empathie (est-ce lié au jeune âge de l’auteur qui jette ici tant de haine). L’auteur a pris des coups et est resté inerte, il et les retranscrit et laisse le lecteur dans le même état : scotché.

Je remercie Elisabeth qui a initié une chaîne de lecture et Koalisa pour m’avoir envoyé le livre. J’attends l’adresse de la suivante …

Instantané du jour #5

SAMSUNG CSC

 

Cette photo a été prise il y a un peu de plus de 2 semaines à Guétaria, en Espagne … sous un beau soleil de printemps.

Avec le déluge que nous subissons depuis deux jours (l’équivalent de 3 semaines de précipitations, et en Béarn ce n’est pas peu dire)  je me demande si ces parapluies sont toujours là …

Ceci dit, il parait que le soleil revient alors bon WE !!!

 

Un pays à l’aube (Dennis Lehane)

201404 Lecture

De Dennis Lehane, je connaissais « Mystic River » et « Shutter Island » alors quand j’ai entamé la lecture de « Un pays à l’aube » je m’attendais à un thriller et autant vous dire que j’ai été assez déroutée par les premiers chapitres (la description des parties de base-ball auquel je ne capte rien a été ardue, limite décourageante) mais cela valait vraiment la peine de s’accrocher.

Ce roman historique (appellation qui me semble mieux convenir) se déroule entre la fin de la première guerre mondiale et la prohibition. Les soldats de retour du front espèrent retrouver leur emploi, souvent détenu par des noirs, mais l’économie du pays est mal en point, l’inflation fait rage, les inégalités sociales de plus en plus insupportables. Ce terrain va favoriser la montée du syndicalisme et des premiers mouvements de défense de la cause des noirs.

Luther Laurence, jeune ouvrier idéaliste de l’Ohio, se retrouve suite à un parcours assez chaotique à Boston en 1919.
Danny Couglhin, flic irlandais, fils d’un capitaine de police et neveu d’un lieutenant pas très orthodoxe a pour mission d’infiltrer les milieux syndicaux et anarchistes de la ville.
En 1919, le destin de ces deux hommes va se croiser en cette période très troublée de l’histoire des états unis.

Les personnages sont attachants, et, tant les deux protagonistes principaux que les seconds rôles (Nora, la jeune Irlandaise, Babe Ruth le joueur de base-ball, Eddie Mac Kenna le parrain retors de Danny …)  , ils sont tous fort réussis.

J’ai aimé le côté historique de ce roman basé sur des faits réels : la grève de la police de Boston en 1919, la naissance du syndicalisme, la lutte contre les anarchistes bolcheviques, les allusions au journaliste John Reed, la manipulation des hommes politiques.

J’ai aimé ce récit dense, mélangeant la petite et la grande histoire et au final, j’ai dévoré les 750 pages de ce roman qui nous éclaire sur la naissance de l’Amérique moderne que nous connaissons aujourd’hui.

J’ai aimé le style : précis et percutant, sans fioritures mais jamais dénué de finesse.

Bref, une fois encore « J’ai aimé » et je suis enthousiaste mais avoir l’impression d’apprendre en lisant c’est génial et je vous recommande cette fresque somptueuse et passionnante.

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