Les faux-fuyants (Françoise Sagan)

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De temps en temps, j’aime bien intercaler dans mes lectures un « classique ». Cela reste rare, c’est parfois décevant … mais parfois truculent.

C’est le sentiment que j’ai eu en lisant « Les faux-fuyants » de Françoise Sagan, quel régal !

Eté 1940, quatre bourgeois parisiens, fuient la France en guerre pour rejoindre le mari de l’un d’entre eux au Portugal. En chemin, leur voiture est bombardée et c’est chez un paysan célibataire, dans une ferme perdue au milieu des champs de blés que les quatre amis seront hébergés.

C’est drôle et tellement vrai. Je prends un plaisir dingue à relire Sagan, ces livres n’ont pas pris une ride. La satire sociale est cocasse et l’autodérision de l’auteure jouissive. Il y a une petit côté rat des villes et rats des champs dans ce livre qui m’a arraché quelques fou-rires.

Je vous livre quelques lignes mais j’aurais annoter des dizaines de pages tellement c’est drôle.

« Elle entrevoyait en imagination un immense dîner : des gens très importants, Loïc discutant à perte de vue sur ses syllabes et ses consonnes sans que personne n’y comprenne rien, Luce avec son air minéral, Bruno racontant son viol par un débile dans la campagne beauceronne et elle même poussant le cri du jar ! … oui … ils feraient une jolie équipe ! Ils seraient invités partout mais ré-invités nulle part … »

C’est merveilleusement bien écrit, le style fluide et alerte, ce genre de livre ce n’est que du bonheur !

PS : de l’avantage de la liseuse, beaucoup de livres classiques ou anciens sont offerts ou valent quelques centimes.

Dans mon vanity #8

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Mon envie du moment : de la couleur mais aussi de la transparence façon bouche mordue, une appplication facile, même à l’aveugle, ce baume a tout bon. Des actifs végétaux comme Clarins sait si bien le faire et l’hydratation n’est pas en reste … sitot essayé, sitôt adopté.
Ce super baume n’a qu’un seul défaut, il a un parfum de fraise délicieux qui me donne envie de le manger !

Sawadee Ka Thaïland #5

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Dès l’aube, nous voilà repartis sur les routes, direction les montagnes du Nord. Chianrai est le carrefour routier de cette province limitée au nord-ouest par la Birmanie et au nord-est par le Laos. Nous sommes à quelques 800 m d’altitude et surplombons le Mékong qui fait office de frontière entre les trois pays,  face au triangle d‘or, zone baptisée ainsi en raison du commerce de l’opium. Nous n’en saurons pas davantage sur le trafic, si ce n’est que quelques minorités, très pauvres, continuent à cultiver la plante interdite.

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Cette vue est davantage symbolique que réellement belle mais ce lieu est tellement chargé d’histoire que nous sommes impressionnés. Côté Thaïlandais, la zone est sûre mais nous avons été arrêtés et contrôlés à de nombreux barrages de police et la zone semble quand même assez peu ouverte au tourisme. Pour l’anecdote, le bâtiment que vous voyez en rouge est un casino, propriété de la Chine. Il suffit de demander un visa pour traverser le Mékong et aller tenter sa chance, les jeux d’argent sont interdits en Thaïlande.

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Après avoir eu cette vue d’ensemble, nous reprenons la voiture direction le camp d’éléphants de Ruanmmit pour une balade à dos d’éléphant. Le camp est géré par les habitants d’un village Karen. Je n’ai pratiquement pas pris de photo durant cette journée, préférant me laisser porter et surtout riant du stress de Mr Chéri qui définitivement ne sera jamais un cavalier, ni à cheval, ni à dos d’éléphant. Pourtant, la balade était on ne peut plus sécurisée, avec un guide mais les quelques centaines de mètres que nous avons parcouru dans la rivière auront définitivement effrayé mon homme qui était terrorisé à l’idée de de tomber dans l’eau et de se faire dévorer par les crocodiles ( … nous n’avons pas vu l’ombre de la queue d’un seul !!).

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La balade s’est poursuivie dans le village, qui était peu animé mais tellement typique … de quoi me donner des envies de trek dans cette région. Nous avons ensuite descendu la rivière Mae Kok sur une pirogue à moteur, admirant tout du long les plantations d’ananas, quelques magnifiques villas mais surtout un paysage resté sauvage, magnifique. Avec du recul, ce sera sans aucun doute le point d’orgue de notre voyage et celui que nous avons le plus envie de revoir mais il est déjà temps de reprendre la voiture direction Chiang-Mai.

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Notre chauffeur conduit comme un pied (voilà, c’est dit). Il peut rouler avec une prudence excessive (se traîner) pendant des kilomètres et prendre des risques insensés dans les routes de montagne quelques heures plus tard. Tout le monde dort dans la voiture, moi, j’ai décidé que je mourrai éveillée … 500km en apnée !!!

Aux dernières lueurs du jour, nous arrivons enfin à destination, après 8km de col où nous doublons ou croisons un nombre hallucinant de cyclistes, je ne pense qu’à me dégourdir les jambes. Ca tombe bien, pour accéder au monastère Wat Phra Suthep, perché à 1650m, quelques 300 marches nous attendent mais non, notre guide décide que nous prendrons le funiculaire … c’est sans appel … j’ai des envies de meurtres !

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La vue d’en haut est magique et aucune photo ne rendra hommage à la lumière liée aux derniers rayons de soleil qui viennent se heurter sur les plaques de cuivre ou de bronze dorées qui constituent le toit du cloitre.

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A suivre …

Oona & Salinger (Frédéric Beigbeder) lu par Edouard Baer

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Alors voilà un roman où l’auteur parle encore de lui mais je dois bien reconnaître que c’est fait avec habileté. Frédéric Beigbeder est touchant quand il explique avoir longtemps confondu « jeunesse et jeunisme » au début du livre et la déclaration d’amour à Lara, sa compagne actuelle dans les dernières pages est très émouvante.

Entre les deux, il raconte Oona O’Neill, fille du dramaturge Eugène O’Neill, star de la « café society new-yorkaise » qui a été le premier amour de J.D. Salinger avant d’épouser Charlie Chaplin de 36 ans son aîné. L’auteur imagine une correspondance entre Oona et Salinger qui traverse la seconde guerre mondiale dans laquelle Salinger est engagé, décrit par le menu le New-York des années 40 et parsème l’histoire de détails qui rendent cette histoire fascinante.

On a beaucoup parlé du dernier roman de Frédéric Beigbeder lors de la rentrée littéraire de septembre mais je ne suis pas très fan de l’auteur, même si j’avais bien aimé « Un roman Français » qui parlait de lieux qui me sont très familiers. D’un autre côté, le sujet me plaisait sans me plaire (paradoxe quand tu nous tiens …) mais après avoir lu le premier chapitre, je me suis demandé comment un éditeur pouvait laisser filer des analogies aussi édifiantes que « elle avait les dents du bonheur de comme Yannick Noah », « C’était une it-girl comme Rihanna» ou bien encore « il était connu comme Spielberg » … alors que l’histoire se déroule dans les années 40 et penser qu’en 2015, Charlie Chaplin reste inconnu des jeunes génération est quand même assez humiliant pour les lecteurs. Bref, j’ai laissé passé le livre dans sa version papier.

En version lue (écoutée), le début reste terriblement agaçant, et ce d’autant que quand la voix d’Edouard Baer tombe dans les chuchotements, elle devient grave à en être inaudible mais petit à petit le livre décolle et certaines scènes comme la rencontre entre Hemingway et Salinger, ou la description du débarquement en Normandie sont des passages géniaux !

L’auteur fait preuve de pas mal d’humour, les références à You tube sont judicieuses et ayant pu regarder la vidéo en écoutant le livre, j’ai pu apprécier la synchronisation parfaite entre les images et les mots lus … et c’est vrai qu’elle était magnifique. Le mélange d’expressions anglaises et françaises donne des phrases étonnantes et au final, c’est un ouvrage plaisant.

Comme souvent dans les livres lus, il faut quelques pages pour s’habituer au narrateur et Edouard Baer remplit très bien ce rôle, tout en finesse et en émotion retenues.

Alors oui, contre toute attente, j’ai bien aimé ce livre et comme le dit lui même Frédéric Beigbeder, la dernière page « tournée », je crois que si cette histoire n’était pas vraie, je serais extrêmement déçue …

Un grand merci à AudioLib et Babelio pour m’avoir permis de participer à ce masse critique.

Réparer les vivants (Maylis de Kerangal)

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Ce livre était dans ma PAL depuis ma rencontre avec l’auteur en 2014. On a eu beau me répéter que c’était beau et que c’était un hymne à la vie, l’histoire de Simon, 17 ans, déclaré mort et dont les parents vont devoir en quelques heures donner leur accord pour une transplantation des organes de leur fils … comment vous dire, je ne pouvais pas !

Je remettais sans cesse la lecture à plus tard jusqu’à ce que Yuko me propose une lecture commune et autant vous le dire de suite, « Réparer les vivants » c’est certes un sujet difficile mais un livre magistral, magnifiquement écrit.

A l’heure où j’écris ce billet, j’ai tourné la dernière page il y quelques jours et j’ai encore le cœur serré tellement c’était beau.

Ce livre, c’est une histoire de temps. Les parents de Simon n’ont pas celui d’accepter, ni même de comprendre et les différents acteurs de la transplantation n’ont pas celui d’attendre. L’écriture si particulière de Maylis de Kerandal, tous ces mots qui se bousculent, ces verbes qui saturent les pages et cette façon d’aller à l’essentiel, nous plonge dans l’urgence et elle réussit à faire de ce récit un roman trépidant, une course contre la montre pour raconter 24 heures foudroyantes.

Tour à tour l’auteure se glisse dans la tête des parents, des médecins, de l’infirmier-coordinateur, d’une jeune infirmière qui prend sa garde au lendemain d’une nuit torride. Il n’y a jamais de jugement, juste une infinie empathie et je comprends mieux les conseils du libraire et les paroles de Maylis de Kerangal, ce roman est effectivement plein de vie.

Maylis de Kerandal nous a expliqué avoir été confronté aux problèmes du don d’organes au travers de proches et son livre est effectivement extrêmement documenté (j’avais déja pu constater cette précision dans Naissance d’un pont). Expliquer et convaincre de la famille du donneur, mesurer leurs réticences, trouver et préparer les receveurs, opérer, courir pour délivrer les organes à temps, c’est autant de protagonistes et de destins qui contribuent à donner un rythme à ce récit si vivant qui jamais ne tombe dans la morbidité ni le pathos.

M’identifiant sans doute à cette mère, j’ai eu le cœur au bord des larmes et une boule au fond de la gorge, de la première à la dernière page et, fait rarissime pour moi, j’ai reposé le livre à plusieurs reprises pour faire durer les derniers chapitres.

Je suis souvent enthousiaste mais là, je crie au bonheur de la lecture et des émotions qu’elle suscite. Et non, je ne dirais pas que c’est un coup de cœur, c’est bien plus que ça et ce serait trop facile !

Livre lu en lecture commune avec Yuko, sa critique c’est ici !