Transatlantic (Colum McCann)

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Transatlantic est un roman choral (et foisonnant) qui s’étire sur plus de 150 ans. De 1845 (Lily, jeune domestique de 17 ans rencontre un esclave qui témoigne des horreurs de l’esclavage aux Etats Unis tout en découvrant une Irlande rongée par la famine) à 2011 (le Sénateur Mitchell, américain ayant oeuvré pour la paix en Irlande dans les années 90) en passant par 1919 (date du premier vol transatlantique, l’avion parti de Terre Neuve se posera sur une terre d’Irlande), l’auteur nous raconte le destin extraordinaire de gens … ordinaires.

La construction est habile, un puzzle qui se tisse (et que l’on démêle) avec des fils reliant des personnages historiques et d’autres imaginaires, de l’Irlande aux Etats Unis. Le fil rouge de ce roman étant une lettre écrite par la petite fille de Lily confiée aux deux aviateurs américains.

J’ai bien aimé l’écriture délicate et la force qui s’en dégage mais vraiment j’ai eu beaucoup de mal à faire le tri entre tous ces protagonistes, à chercher les liens les unissant ou à m’y retrouver dans les dates. Bref, ma lecture a été laborieuse même si j’ai apprécié la description de l’Irlande (cette vision sombre d’un pays tourmenté en fait le seul « personnage » réellement attachant du livre), la dernière page tourné a été un véritable soulagement.

Parfois je fais les choses à l’envers. Alors que j’avais entendu et lu énormément de bonnes critiques de « Et que le vaste monde poursuive sa course », j’aurais sans doute du commencer par lire ce dernier …

Le dompteur de Lion (Camilla Lackberg)

Depuis « La princesse des glaces », le premier livre de Camilla Lackberg, j’attends chaque année ou presque le nouvel opus de la romancière véritable phénomène de la littérature mondiale.

La recette reste identique (alternances de courts chapitres dans le passé et dans le présent avec les différents protagonistes), déviances familiales et perversion de l’âme humaine. Les deux héros, Patrick Hedstrom et Erica Falk – sa femme – finissent toujours par se retrouver sur la même enquête. Dans ce neuvière opus, la bridade policière de Fjällbacka enquête sur des disparitions de jeunes filles dont une vient d’être retrouvée atrocement mutilée. Erica travaille sur un nouveau livre, l’histoire d’une jeune femme qui purge une peine de  prison pour le meurtre de son mari et maltraitance sur sa plus jeune fille.

Camilla Lackberg a toujours autant d’imagination, la vie de famille des protagonistes offre régulièrement des respirations salvatrices, cela flirte parfois avec le fantastique mais au final, alors que cela fait plusieurs livres que j’étais très déçue, celui là m’a emballée et je me suis laissée manipuler jusqu’à la dernière page.

Bref, c’est efficace et agréable, la lecture d’été parfaite !!!

L’île des chasseurs d’oiseaux (Peter May)

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Fin Macleod est inspecteur de police en Ecosse. Alors qu’il reste très marqué par la mort de son fils unique de 8 ans, qu’il se débat dans une vie de couple mise à mal par cette tragédie, il est appelée à enquêter sur un meurtre commis sur son île natale : l’île de Lewis.

L’histoire se construit petit à petit, tant autour de l’enquête qu’au fil des confidences et des souvenirs de Fin sur son enfance. L’intrigue policière ne fait pas l’essentiel du livre, le sel de ce roman c’est ce puzzle qui se précise de chapitre en chapitre, on découvre des souvenirs douloureux, des traditions ancestrales malheureuses et l’alternance présent / passé ou je / il sert magistralement le récit.

Voilà le genre de roman policier que j’aime. Assez peu de violence finalement (même si celle contenue dans les mots et les situations est latente en permanence), le premier tome de cette trilogie est aussi le récit d’amours contrariés et surtout un magnifique hommage à l’Ecosse, à ses paysages, à ses habitants ou à ses coutumes.

Au fil de ma lecture, j’ai effectué des recherches sur les îles du nord de l’Ecosse et je n’avais qu’une envie : découvrir ces paysages à la beauté sauvage magnifiés par les descriptions de l’auteur.

Une histoire sombre et tourmentée, une atmosphère noire et brumeuse, un suspense maitrisé de bout en bout, coup de cœur et vite, la suite !!

Isabelle Bruges (Christian Bobin)


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Il y a des années, j’ai tenté de lire Christian Bobin. C’était dans une autre vie, conseillée par un des rares petits copains (oui, on disait comme ça à l’époque) avec qui je pouvais disserter littérature. Je m’égare mais ce ne devait pas être le bon moment (ni le bon copain 😉 ) puisque je n’ai pas réussi à adhérer à son univers. J’avais souvenir de phrases hachées (ce qu’aujourd’hui je traduirai pas un style simple et épuré) et de longueurs.

Sur les conseils de Yuko (multiples fois réitérés), j’ai lu « Isabelle Bruges » et je ne peux que la remercier car je me suis vraiment laissée emportée par cette histoire avec énormément de plaisir.

Une famille sur la route. Les parents devant, les trois enfants derrière : Isabelle l’ainée, Anne et Adrien sa fratrie. Il pleut.  La famille fait un arrêt dans une station service et les parents repartent … sans les enfants qu’ils abandonnent avec une lettre expliquant que la mère est atteinte d’un cancer du cerveau et qu’ils préfèrent fuir. Isabelle lit cette missive, la déchire et interpelle une vieille dame qui les recueillera pour un soir … et d’autres.

J’en ai déjà trop dit mais cette dame un peu perchée va les accueillir, leur raconter sa vie, leur présenter son fils et tout ceci sera le point de départ d’une belle histoire empreinte de poésie et de délicatesse.

Voilà un livre qui ne peut se résumer à ces quelques lignes, un livre charmant, une histoire touchante … un livre rempli de passages qu’on voudrait noter puis non, juste se contenter de les lire et de les relire.

Yuko, un grand merci pour cette belle découverte et à toutes celles qui ne l’ont pas lu, je dis que c’est à lire absolument !!!